En ligne actuellement

Nous avons 614 invités en ligne

Rechercher

Abonnés enregistrés



Prochains numéros

2017

 LXII 6 - N° 254 Eduquer à la liberté  novembre-décembre

2018

Notre Père IV: le Pardon

 

Abonnés enregistrés

Pour recevoir le courrier de Communio et avoir accès aux numéros épuisés.





19774002. La figure concrète de la charité Imprimer
Écrit par ARMOGATHE Jean-Robert   

éditorial

Jean-Robert ARMOGATHE  

 La morale et la norme n'oppriment pas; elles dessinent concrètement les exigences de la charité et les dimensions de notre vocation surnaturelle.

 

TENIR un discours chrétien sur la morale n'est pas chose facile aujourd'hui. Le soupçon jeté sur l'homme, la méfiance de toute injonction contraignante, le refus de toute norme rendent dif­ficile le maintien d'un jugement objectif et normatif.

La nécessité demeure pourtant d'une norme permettant de distinguer le juste de l'injuste et le bien du mal. Refuser toute norme explicite revient à adopter des normes implicites, d'autant plus sujettes à caution qu'elles ne s'exposent pas à la critique. Admettre une morale est recon­naître la réalité concrète de l'agir humain : l'homme n'est pas seulement responsable de ce qu'il dit — le domaine de la logique —, il est surtout responsable de ce qu'il fait. Et la morale est la figure concrète de cette responsabilité. Il y a une morale parce que l'homme agit en liberté. Et la reconnaissance de cette morale est la  condition exigée de l'amour. Loin d'être contrainte, réduction, limitation, la morale permet et vérifie des relations d'amour pour les êtres entre eux et avec leur Créateur.

C'est en ce sens qu'il est légitime de parler d'une « morale naturelle ». La création voulue par Dieu possède en elle cette norme d'amour. L'ex­pression est souvent contestée aujourd'hui. Il en est ici de la nature, pourtant, comme dans la « connaissance naturelle » de Dieu : ce n'est pas accepter un soubassement philosophique qui échapperait à la foi au Christ ; c'est, au contraire, reconnaître que rien de créé ne Lui est étranger. Ce n'est pas là pour autant ramener toute théologie à la chris­tologie. Le Christ renvoie-toujours au Père, dont il est la parole ; mais le Père a créé toute chose en Lui et par Lui, et tout subsiste en Lui. Premier-né de toute créature, le Christ est le modèle de la création (1).

1) Voir Albert Chapelle, « Loi de nature et théologie ».