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20096013. : La nomination paternelle est-elle une usurpation ? Imprimer
Écrit par BATUT Mgr Jean-Pierre   

PROBLÉMATIQUE –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

C’est avec beaucoup de prudence que l’Écriture donne à Dieu le nom de Père. Le Christ nous révèle que Celui qui l’a envoyé est le Père unique d’un Fils unique : sa paternité ne saurait donc être une projection de nos paternités humaines, mais c’est lui, au contraire, qui est le seul Père, le Père sans père « de qui toute paternité tire son nom» (Éphésiens 3, 14). Toute paternité sur la terre se trouve ainsi à la fois relativisée et élevée au rang de figure sacramentelle de la paternité de Dieu : sa dimension spirituelle sera toujours antérieure à sa dimension charnelle.

 La première page, 13, est jointe.

 

On sait que, dans l’Écriture, la nomination de Dieu comme Père est tout à fait centrale. On se souvient aussi que, loin d’être première dans l’histoire du salut, elle ne s’est imposée qu’au terme d’un long processus qui l’a fait passer, selon l’heureuse expression de Paul Ricoeur, « du fantasme au symbole »1. La paternité de Dieu ne s’éclaire de façon décisive que lorsque nous apprenons de qui Il est le Père, ce qui ne peut se faire qu’avec la manifestation de Celui qui peut seul prétendre au titre de Fils. Tout l’Ancien Testament prépare cette révélation, comme l’atteste le titre de « fils premier-né » donné à Israël (Exode 4, 22) : le peuple choisi est en lui-même une figure du Christ.

 

Un Dieu différent et créateur

La longueur du processus s’explique aussi par la nécessité de purifier le titre paternel de tout relent anthropomorphique. Le paganisme, en effet, se caractérise moins par la pluralité de ses dieux que par l’impossibilité de concevoir entre Dieu et le monde une authentique relation de création, qui seule permettra à la fois d’affirmer

1. Paul RICOEUR, «La paternité, du fantasme au symbole », dans Le conflit des interprétations, Seuil, 1969.

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 Mgr Jean-Pierre BATUT