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20116116. Genre : les enjeux d’une polémique Imprimer
Écrit par COLLIN Thibaud   

Il faut distinguer les études sur le genre et les usages idéologiques qu’on peut en faire. Ces études peuvent être prétextes à pulvériser la sexualité humaine. Mais n’y a-t-il pas des usages de cette notion susceptibles d’être intégrés dans une vision adéquate de la sexualité humaine ?

la première page, 116, est jointe. Le texte entier est disponible en pdf:

Notre objectif dans ces quelques pages est précis : distinguer les différents enjeux de la polémique suscitée par l’introduction supposée, dans le programme de SVT, du vocabulaire et des problématiques attribués à la théorie du genre. Cet effort de clarification nous paraît nécessaire car cette polémique, comme souvent d’ailleurs, s’est développée à la jointure de différents ordres, disons à la frontière de la vie intellectuelle et de la vie politique.

Ce lieu a un nom, le militantisme. Cette dénomination n’a en soi rien infamant, mais nous oriente vers la question suivante : cet épisode n’a-t-il pas eu pour effet principal d’accroître une certaine confusion ? Une polémique n’est intellectuellement bénéfique que si elle permet de mieux saisir les différentes positions quant à un problème et surtout d’identifier les raisons fondant cette opposition. Pour cela, « le champ de bataille » doit être suffisamment homogène pour que les énoncés puissent réellement se confronter. Il est de la responsabilité des participants d’être conscients du statut des différents discours en jeu afin de veiller à parler de la même chose. Sinon, il faut en conclure que la polémique n’a qu’un objectif immédiatement pratique, ici le retrait d’un élément du programme scolaire, et que les arguments échangés ne sont mesurés qu’à l’aune du résultat politique. Même en cas d’une hypothétique victoire sur le strict terrain politique (ce qui à ce jour n’est pas le cas), il faut alors se demander si la polémique n’a pas charrié des effets pervers, qui sont plus résistants qu’une décision ministérielle puisqu’ils s’inscrivent dans l’épaisseur des mentalités et des mœurs, de la vie culturelle pour parler comme Gramsci.

De plus, le sujet de notre polémique s’inscrit dans le champ de la politique éducative et l’éducation assume des dimensions multiples, irréductibles au politique : anthropologique, morale, spirituelle. Bref, il est à craindre que pour être efficace, il ait fallu simplifier. Dans une polémique portant sur un sujet en soi complexe ceux qui simplifient sont le plus souvent perdants à long terme.

Le réductionnisme pouvant être vu comme un attribut de l’idéologie, les risques (117) du militantisme sont donc la disqualification intellectuelle de la cause, l’occultation des véritables enjeux et la croissance de la confusion.

Il convient dans un premier temps d’identifier s’il y a bien eu un usage militant des concepts et des arguments, puis de chercher à comprendre ce que recouvre « la théorie », voire « l’idéologie », du genre (ou du « gender ») afin de répondre aux deux questions : cette théorie est-elle nocive ? Peut-on considérer que les programmes de SVT l’intègrent ? Si tel est le cas, restera alors à proposer une alternative, intégrant les différents niveaux repérés auparavant, au service du développement de la personne.

Des inconvénients du militantisme dans le champ intellectuel

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