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2017

 LXII 6 - N° 254 Eduquer à la liberté  novembre-décembre

2018

Notre Père IV: le Pardon

 

20133131. Benoît XV et la Grande Guerre Imprimer
Écrit par CHENAUX Philippe   

Benoit XV chercha à faire prévaloir une paix fondée non sur la vengeance mais sur le droit. Ses initiatives de paix, en dépit de leur échec, ont contribué à renforcer l’autorité morale de la papauté sur le monde des nations et à renouveler l’enseignement de l’Église sur la guerre et la paix.

La première page, 131, est jointe.

Le pontificat de Benoît XV (1914-1922) a marqué un tournant dans l’attitude de l’Église vis-à-vis de la guerre et de la paix. Comme l’écrit l’historien italien Giovanni Miccoli, « durant les seize siècles qui ont suivi la “paix constantinienne”, l’Église s’était occupée beaucoup plus de guerre que de paix ».

 

  « L’idée d’une inéluctabilité de la guerre faisait partie d’une vision du monde, de l’histoire et de l’homme, à laquelle la hiérarchie ecclésiastique adhérait entièrement 1. » La doctrine de la « guerre juste », formulée par saint Augustin et les théologiens médiévaux, avait imposé toutefois de sévères conditions à l’usage de la violence. Elle avait pour but de  légitimer, dans certains cas bien précis, le recours aux armes pour la défense d’un État devenu chrétien à la suite de la révolution constantinienne. Elle n’était pas encore la « guerre sainte », qu’exprime précisément le mot de « croisade » dont l’usage ne commença à se répandre dans la chrétienté qu’à partir de la fin du XIIe siècle, après les premières expéditions guerrières des croisés (cruce signati, marqués de la croix) pour reconquérir Jérusalem, la ville où se trouvait le tombeau du Christ, aux mains des infidèles musulmans. À la différence du concept de « guerre juste », qui reste la doctrine officielle de l’Église jusqu’au début du XXe siècle, celui de « guerre sainte » (ou « croisade ») voulait indiquer que la guerre en elle-même pouvait être une cause sacrée capable de « sanctifier » celui qui la pratiquait.

1. G. MICCOLI, Le pontificat de Jean-Paul II. Un gouvernement contrasté, Bruxelles, 2012, p. 299.