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20154006. Editorial Imprimer
Écrit par Quentin Delacour et Éric de Moulins-Beaufort   

La première page, 6, est jointe ci-après:

Les pauvres, et non la pauvreté, tel est le thème de ce numéro de Communio ; il ne s'agira donc pas seulement de présenter la pauvreté comme concept socio-économique ou comme valeur évangélique, mais d'en rencontrer la vivante figure en la personne des pauvres. Encore une fois, non le pauvre idéalisé, figure romantique de nos sociétés occidentales, mais les pauvres, dans leur foule hétéroclite comme celle représentée sur notre tableau de couverture.

Évolution de la perception de la pauvreté

Les pauvres fascinent ou effraient ceux qui se définissent comme n'en faisant pas partie. L'évolution de la perception du pauvre et des pauvres par la société occidentale est significative. Les changements économiques liés à l'avènement de la modernité ont largement modi­fié les rapports sociaux et fait perdre au pauvre une certaine place qui pouvait lui être assurée dans la société médiévale : du pauvre, figure du Christ que le chrétien était appelé à rencontrer et à secourir par l'aumône individuelle, on finit par arriver aux pauvres, notion de sta­tistique qui fait gripper les rouages d'un système socio-économique ordonné.

Ce symbole insupportable dans une société moderne rationalisée suppose une prise en charge, progressivement transférée des indivi­dus à la société puis aux États, depuis les tentatives de « grand enfer­mement » dans l'Europe du XVIIe siècle jusqu'aux notions contempo­raines de « Care ».

L'espoir d'éradiquer durablement la pauvreté traverse aussi les uto­pies ou les époques de développement économique, comme récem­ment les Trente Glorieuses, mais reste un objectif majeur pour les États (le « Zéro SDF en 2012 » du Président Sarkozy), ou les organi­sations supranationales. L'Église a joué un rôle majeur dans l'accom­pagnement de cette institutionnalisation de la charité[1]

Masse grouillante de toutes les infortunes physiques, morales, so­ciales, familiales, les pauvres constituent un repoussoir dans les re­présentations de ceux qui cherchent à tout prix à s'en exclure. Ils sont vus le plus souvent comme un danger, qu'il est un devoir pour les élites, sinon de combattre, du moins de contenir : que l'on pense aux théories malthusiennes ou au Lumpenproletariat dans l'analyse marxiste.   .............

 


 

[1] VoirJ.-R. Armogathe et M. W. Oborne, éd, Pauvretés et urgences sociales, Parole et Silence, 2011.