En ligne actuellement

Nous avons 251 invités en ligne

Rechercher

Abonnés enregistrés



Prochains numéros

2018 - N°255  Notre Père IV: le Pardon

 

Abonnés enregistrés

Pour recevoir le courrier de Communio et avoir accès aux numéros épuisés.





Eglise vers le Monde Imprimer
Écrit par Communio   

Aux sociétés ce que dit l’Église Communio de mars-avril 1981 annonce déjà tout ce qui est présenté ici, le texte en est évidemment téléchargeable pour être facilement relu par tous. L'éditorial de Jean-Luc Marion Paradoxe sur une doctrine est toujours d'actualité avec le Pape François! La première page en est donnée:

  TANDIS que le monde entier constate, avec un mélange de jubilation retenue et d'exaspération surprise devant tant de vitalité imprévue, que les rares hommes qui puissent faire bouger un monde figé  dans le désordre glaciaire de la catastrophe programmée appartiennent au Christ — je veux dire Walesa, Esquivel, Mère Teresa, Soljenitsyne, Wojtyla, et ceux que j'oublie, et ceux que le monde ignore provisoirement ou définitivement ; tandis que seul le successeur de Pierre peut parler avec une audience mondiale des véritables questions (et ne s'en prive pas), précisément parce que tous les autres pouvoirs sont à ce point prisonniers de quelques intérêts qu'aucun homme d'État ne peut plus, sans faire hurler de rire indigné, prononcer les mots de justice, paix, bien commun, liberté ou égalité, au point que devant cet homme sans divisions (blindées) ils ne paraissent plus que légers, divisés et enfantins ; tandis que le monde a un besoin vital d'un pape qui le fustige, l'interpelle, le guide en un mot vers cet exhaussement de lui-même que ce monde à la fois redoute et désire — qui ne s'en est pas physiquement aperçu lors de la vacance abyssale qu'a provoquée la mort étrange, providentielle et ténébreuse de Jean-Paul Ier, moment où le principe pontifical s'est fait reconnaître dans un long silence angoissé? — c'est à ce moment, dis-je, que nous autres, catholiques français et intellectuels, nous nous interrogeons gravement pour savoir si la «doctrine sociale de l'Église » est (a) possible, et ensuite (b) légitime.

Par exemple en ergotant sur son caractère idéologique ou non. Mais nous pourrions nous poser à nous-mêmes une autre question : dans quelle situation nous sommes-nous mis, pour qu'un fait massif et mondial ait si peu de poids à nos yeux ? La « doctrine sociale de l'Église » n'a peut-être pas le droit d'exister, mais elle parle à l'O.N.U. et à l'U.N.E.S.C.O. ; elle rassemble les pauvres au Mexique, en Afrique, au Brésil ; elle fait reculer le fascisme en Argentine et ailleurs ; elle reçoit, bon an, mal an, un prix Nobel chaque année ; elle fait remporter au syndicalisme une victoire invraisemblable et rare ; elle inspire la lutte pour les droits de l'homme ; elle œuvre à modifier de l'intérieur les sociétés occidentales. Si, pour nous, la question la plus urgente consiste à débattre de son caractère idéologique, alors que pour des foules de chrétiens elle est devenue une réalité quotidienne, ne serait-ce pas parce que nous en sommes encore à nous désengluer de bourbiers dont nous serons bientôt les seuls et derniers locataires, n'imaginant même plus, dans cette agonie douçâtre, qu'ailleurs on puisse vivre — heureux même.