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2017

 LXII 6 - N° 254 Eduquer à la liberté  novembre-décembre

2018

Notre Père IV: le Pardon

 

20176007. Editorial Le chemin de la vie Imprimer
Écrit par Boulnois Olivier   

 « Je suis le chemin, la vérité et la vie de Jean (14, 6) », dit le Christ, dans l’Évangile. Cette parole est fondamentale. Jésus répond à la question de Thomas : « Nous ne savons pas où tu vas, comment pouvons-nous connaître le chemin ? » (14, 5). Il nous invite donc à méditer sur ce qui fut incompréhensible pour les premiers disciples, et qui le reste encore pour nous. Le chrétien s’éprouve comme un vagabond qui marche dans un clair-obscur, il suit le Christ sans savoir où Il le mène. Mais dans cette fidélité même, il lui faut découvrir qu’il connaît déjà le chemin : « Ils savaient donc ces choses, mais ils ignoraient qu’ils le savaient », dit Augustin . Il lui faut apprendre qu’en suivant le Christ, il suit le chemin, même s’il ne sait pas où Il le conduit. Le Christ n’est pas seulement le but, mais le chemin qui y conduit, pas seulement une fin extérieure, mais la vie qui l’anime intérieurement : « Nul ne va vers le Père, sinon par moi » (14, 6).

 L’identité du Christ à Dieu et de Dieu à la Vérité sans déclin est au cœur de la théologie chrétienne. Cette Vérité est l’accomplissement de tous les désirs des hommes. Elle dépasse toutes les images qu’ils ont pu se faire de Dieu. Mais ce primat de la vérité risque de nous faire délaisser le reste : l’homme a toujours la tentation de placer le chemin et la vie sur un plan inférieur, comme un échafaudage dont il pourrait se passer, une fois atteinte la vérité du Père. Comme si nous pouvions la comprendre ! Notre prétention à nous saisir de la vérité nous fait négliger la rigueur des deux autres noms de Dieu : « chemin » et « vie », alors que le Christ met les trois noms sur le même plan. Il s’agit ici de méditer sur ce que nous oublions : le Christ est le chemin, il n’est pas au bout du chemin ; le Christ est la vie, il n’est pas la fin de la vie. Nous ne voyons pas le bout du chemin, mais il nous conduit déjà. La Vie nous comble déjà mystérieusement, par elle nous passons chaque jour de la mort à la vie.

  L’essence du christianisme est la logique du Christ. La vérité n’est plus au bout du chemin, la vie ne commence plus à la fin de l’existence biologique. Elle commence ici et maintenant, dans nos échecs et nos balbutiements, donc aussi grâce à eux. De manière invisible, que seuls les saints peuvent voir et que nous pouvons seulement pressentir, le Christ remplace la mort et la destruction par la vie et l’édification de l’homme.

 Homélies sur l’Évangile de Jean  LXIX, 1 (BA 74 A, p. 244).