M. Jan ZAHRADNICEK

Né en 1905 à Mastnik u Trebice, dans une région à la fron-tière de la Bohème et de la Moravie, il subit, enfant, un grave accident dont il gardera un léger handicap et une visible difformité, thème qu'il abordera dans ses premiers poèmes qu'il publiera dans la revue catholique Tvar; il entre alors dans le cercle littéraire des poètes pragois qui compte Seifert, Halas ou Holan. Traducteur de Rilke, de Thomas Mann, de Charles du Bos et de Claudel, il devient très actif dans la vie intellectuelle jusqu'à devenir rédacteur en chef de la revue littéraire catholique Akord qui sera définitivement interdite en 1948. En effet, prétextant l'antisémitisme de certains écrivains catholiques, le régime communiste mis en place après la guerre accuse tous les intellectuels catho-liques de fascisme. Après une courte parenthèse de bonheur (mariage avec Marie Bradocova, dont il aura trois enfants, publication de plusieurs recueils), il est arrêté en 1951 pour «crime de haute trahison» et condamné à 9 ans de prison. Là, malgré l'interdiction de posséder du papier, il continue à écrire des poèmes que d'autres prisonniers apprennent par coeur et notent une fois sortis de prison. «Et personne... » et «Ils disent que la vie... » sont de ceux-là. Il meurt en 1960, peu après avoir été libéré.

Numéro Titre Article
192 Poésie et Incarnation Poèmes