117 La foi de van Gogh (1995/1)

Dossier du numéro Décalogue IV: Père et Mère honoreras

Page n° 107 par Père Jean-Robert ARMOGATHE

Les critiques ont longtemps méconnu la foi profonde de Vincent van Gogh et sa conversion évangélique décisive de mai 1875.

La prière qui suit, traduite en français pour la première fois, rend particulièrement sensible l'angoisse de van Gogh devant le péché et sa confiance dans le Sauveur, typiques du renouveau évangéliste.

 

Prière * (automne 1876)

Une prière des fils du presbytère, des enfants du serviteur de l'Évangile, de ceux qui furent bénis de leur père lors­qu'ils quittèrent la maison familiale et pour qui leur mère pria ce jour-là : « Père, je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal. » Une prière des enfants de tant de prières, une prière de deux frères qui dormirent si longtemps ensemble dans la petite pièce d'en haut de la maison familiale.

Et leurs voix s'élevèrent et ils pleurèrent.

Seigneur, nous aimons la lumière de Votre soleil et le fracas de Votre mer, nous levons les yeux vers les cieux et nous aimons les étoiles, dont Vous avez multiplié l'immense armée et que Vous appelez chacune par son nom. Nous aimons tendrement ce moment du matin où Vous faites lever Votre soleil sur les méchants comme sur les bons, et ce moment du soir où le coucher du soleil fait monter en nous le cantique vespéral de notre maison paternelle :

Je sais en qui j'ai mis ma confiance,
même si le jour et la nuit changent,
je connais le rocher sur lequel j'ai bâti.
« II n'échoue pas celui qui attend mon salut. »

* Sermon b 1463 V/1962 pp. 1-7 (Rijksmuseum Vincent van Gogh, Amsterdam).

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