Ruptures ecclésiales et réponses œcuménique. Le drame d’un millénaire

R. P. Guy BEDOUELLE
Fides et ratio - n°152 Novembre - Décembre 2000 - Page n° 97

Le deuxième millénaire du christianisme a vu s'établir, s'élargir et se confirmer aussi, des ruptures dans l'église du Christ, des schismes et des divisions. On souligne moins qu'en même temps, des voix n'ont cessé d'appeler à l'unité et à la recherche de la vérité qui unit, de telle sorte que le souci œcuménique est contemporain des ruptures. Conscients du drame des séparations, il nous faudrait interroger de plus près ces artisans d'unité dans l'histoire.

S’il est vrai que, dans le premier millénaire du christianisme, les conflits sur l’élaboration de la théologie, trinitaire ou christologique, avec ses conséquences sur la représentation du mystère, les sacrements, la nature de l’Église et la grâce, n’ont pas manqué, si ont abondé querelles, brouilles, réconciliations, schismes locaux, et déjà, pendant certaines périodes, une absence de communion entre les Églises d’Orient et les Églises latines, aucune de ces ruptures ne peut vraiment être considérée par l’historien comme définitive, assumée et entérinée, comme le paraissent celles du deuxième millénaire du christianisme.

En retraçant quelques-unes de ces étapes du déchirement de l’unité, qui, pour le sociologue de la religion par exemple, aboutissent à un christianisme divisé en trois familles (pour ne pas utiliser le terme de branches, qui a une connotation ecclésiologique particulière : les catholiques, les orthodoxes et les protestants auxquels on peut associer les anglicans) nous devrons nous poser la question de la conscience même des déchirures qui se sont ainsi opérées. En d’autres termes, dans les circonstances complexes qui sont le cadre de chacune de ces ruptures, y a-t-il eu volonté de créer une nouvelle Église, une identité indépendante du reste de la « catholicité » ? Ces quelques pages voudraient montrer qu’il n’en est rien, et que les schismes, les divisions durables, les durcissements ont plutôt été le fait de « l’enchaînement des circonstances » comme dit Luther, ce qui ne veut nullement amoindrir la responsabilité de ceux qui l’ont déclenché. [...]

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