Notre Père VI, délivre-nous

N° 268 Mars - Avril 2020 - Page n° 62

David VOPRADA La renonciation au diable dans la pédagogie baptismale

les rites liturgiques qui préparaient les candidats du baptême à adhérer à la foi, en renonçant au malin et au péché, ont un sens profond. Les exorcismes et les scrutins portaient les candidats à une expérience existentielle qui facilitait leur conversion totale en occasion de leur baptême. Dans la tradition de l’Oraison dominicale, la pétition pour la délivrance du mal faisait partie de la conversion baptismale. L’expérience de l’Église ancienne peut être ainsi une inspiration pour la pédagogie baptismale dans l’Église d’aujourd’hui.

Dès les premiers siècles, les chrétiens n’ont pas seulement professé leur foi pendant leur baptême, mais ils ont également renoncé au diable, à sa pompe et à ses anges. Au début du iiie siècle, Tertullien témoigne de cette pratique dans son livre Les spectacles, où il décrit le sens du baptême chrétien :

Lorsqu’entrés dans l’eau, nous professons la foi chrétienne selon les termes prescrits, nous attestons de notre bouche que nous avons renoncé au diable, à sa pompe et à ses anges. Trouvera-t-on rien de plus éminemment privilégié que l’idolâtrie pour y rencontrer le diable, ses pompes et ses anges1 ?

La renonciation au diable dans le contexte baptismal est présente tout au long de la tradition chrétienne jusqu’à aujourd’hui. Toutefois, dans l’actuel Rituel de l’initiation chrétienne, on trouve également la renonciation au diable encore à d’autres moments du cursus baptismal, notamment lors des trois dimanches du Carême, où les candidats au baptême subissent les rites des scrutins qui comprennent par ailleurs des exorcismes. La réforme liturgique du concile Vatican II s’inspirait de l’étude des sources patristiques qui révèlent une pédagogie de ce chemin de préparation au baptême. Dans cet article, nous reviendrons d’abord sur le contexte culturel de la préparation au baptême dans l’Antiquité ; puis nous aborderons la description et l’explication des scrutins et de la renonciation au diable, telles qu’elles se retrouvent dans les oeuvres de deux évêques africains du ve siècle : saint Augustin et son disciple saint Quodvultdeus, évêque de Carthage dans la décennie qui a précédé l’invasion vandale de 439. Ce rappel nous permettra de cerner la sémantique de la dernière phrase de l’Oraison dominicale, confiée aux « appelés » avant le baptême, où l’orant demande à être délivré du mal.

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