Né de la Vierge Marie

N° 15 Janvier - Février 1978 - Page n° 20

Léo SCHEFFCZYK Les trois moments de la virginité de Marie

  La logique théologique conduit à maintenir aujourd'hui, comme les a dégagées progressivement le développement du dogme, les trois dimensions de la virginité chez Marie : avant, pendant et après la naissance de Dieu.

La première page, 20, est jointe.

ON est en droit de penser que ce qui agite aujourd'hui la mariologie  catholique, c'est avant tout le problème de la naissance virginale. Les mouvements qui en résultent sont si violents qu'ils menacent de perver­tir l'interprétation du mystère de Marie en son entier, pour le réduire, par exem­ple, à un modèle de foi et d'abandon (qu'il donne, de fait, aussi), et pour l'assi­miler presque à la figure de la foi de Joseph, en un parallèle qui est, lui, tout à fait inexact. Aucun argument ne semble faire le poids face à l'aversion massive que ressentent devant ce dogme la pensée (ou plutôt la ratiocination) et la sensi­bilité modernes. Mais au fond, une foi véritable a de temps en temps besoin de telles résistances, pour se maintenir intacte. Il en est de ce dogme comme de tout ce qu'il y a de grand en l'homme : K Les grandes causes de l'humanité, que leurs adversaires prétendent souvent périmées, ne sont perdues que lorsqu'on les abandonné (A. Hiibner).

Mais il reste à se demander si la naissance virginale est vraiment une de ces « grandes causes », que l'on ne saurait abandonner. L'exégète protestant G. Friedrich a déclaré, se fondant sur les récits évangéliques de l'enfance, source principale de cette vérité, que, si la foi à la filiation divine de Jésus était bien nécessaire pour être sauvée, celle à la naissance virginale ne l'était pas (1). Contre cette position, il faut d'une part s'accrocher au fait que le « né de la Vier­ge Marie » (en même temps que le « par l'Esprit Saint ») se trouve déjà dans les plus anciennes formes du « Symbole des apôtres » (2), mais il faut surtout bien se convaincre que ce n'est pas l'exégèse qui a à décider de ce qui est ou non né­cessaire pour la foi. Aucune instance humaine n'est compétente pour en juger. Seule la foi le sait, elle qui vit et respire au sein de la communauté de l'Eglise,

(1)     G. Friedrich, « Schwierigkeiten mit dem Apostolicum », dans Vemitetes Glaubensbekenntis 7. Regensburg, 1968, p. 84. De me dans H. Kling, Christsein, Munich, 1975, p. 446-449.

(2)      L'ancien symbole romain remonte au second siècle.

 

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du Christ. Et cette foi ne se fabrique pas son contenu pour le ranger ensuite par ordre décroissant d'importance salutaire ; elle ne peut que le recevoir et aller à sa rencontre.

Cette attitude fondamentale d'accueil est aussi celle que doit avoir la théologie envers la foi. Il lui faut certes en outre rendre accessible le sens de ce qui lui est donné et en développer les implications. C'est pourquoi la théologie est d'abord une science positive, qui établit des faits, et ensuite une science qui comprend et explique. Ces tâches, il lui faut les accomplir aussi envers la foi à la « naissance virginale ». C'est pourquoi il peut très bien se faire qu'elle montre que ce que l'exégète protestant considère comme indépendant et séparable (la filiation divine et la naissance virginale) forme en réalité un tout absolument indivisible.

 

Les sources bibliques et historiques

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