Imaginer les fins dernières

N° 260 Novembre - Décembre 2018 - Page n° 19

Abbé Jean-Robert ARMOGATHE Être dans la main de Dieu

La difficulté de prêcher sur les fins dernières provient souvent d’une ignorance des fidèles : l’espérance chrétienne est cependant la conséquence nécessaire de la foi, et la joie est le plus assuré critère de son authenticité.

 

Espère, ô mon âme, espère. Tu ignores le jour et l’heure. Veille soigneusement, tout passe avec rapidité, quoique ton impatience rende douteux ce qui est certain, et long un temps bien court. Songe que plus tu combattras, plus tu prouveras l’amour que tu portes à ton Dieu, et plus tu te réjouiras un jour avec ton Bien-Aimé, dans un bonheur et un ravissement qui ne pourront jamais finir. Thérèse d’Avila, Exclamations 15, 3

Notre état après la mort ne relève pas immédiatement de la foi : le scepticisme qu’éprouvent souvent les fidèles provient de l’ignorance, et cette ignorance a pour raison première un discours théologique et pastoral centré sur la foi et sur la charité. Or on peut croire des choses que l’on n’espère pas pour autant : lorsque nous confessons
« la résurrection de la chair et la vie éternelle », qu’est-ce que nous espérons vraiment ?

Qui a jamais pu espérer ces choses-là, même en proclamant les croire ? Car ces choses semblent toutes, pour nous, être contre l’espérance1

La mort biologique semble en effet marquer le terme de toute expérience – elle n’appartiendra pas elle-même à mon expérience. Ce qui suivra ma mort relève de la manière la plus pure, la plus essentielle, de la conjecture ; mais pour le christianisme, cette conjecture a un contenu, ce qui la qualifie comme espérance. Il est cependant bien difficile d’en parler. Dieu seul peut « nommer les choses qui ne sont pas comme des choses qui sont » (vocat [Deus] ea quae non sunt, tanquam ea quae sunt, Romains 4, 17 Vulg.).

Parler des « fins dernières » ne relève donc pas immédiatement d’un discours sur la foi, mais appartient au difficile domaine de l’espérance. Le présent article est une tentative pour dégager des « éléments de langage » utilisables pour enseigner et prêcher.

Rendre raison de l’espérance

Les traités sur la foi et sur la charité, les deux autres « vertus théologales » (selon 1 Corinthiens 13, 13), abondent, mais ceux qui traitent de l'espérance sont plus rares. [...]

 

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1 Paschase Radbert, De spe (vers 832), Patrologie Latine t. 120, col. 1442a.

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