L'argent

N° 126 Juillet - Aout 1996 - Page n° 84

M. Yves-Marie HILAIRE Les catholiques n'ont pas toujours détesté l'argent.

La longue condamnation du prêt à intérêt par les Pères de l'Église doit être nuancée : le prêteur pouvait être rémunéré en cas de risque. L'essor de Florence ou de Venise montre que tout développement économique n'a pas commencé avec la levée de la condamnation du prêt à intérêt par Calvin (mais non par Luther). L'oublier relève du paupérisme mental qui a produit les erreurs de directions pastorales les plus graves au XXè siècle : pour avoir tout misé sur la classe ouvrière, l'Église a abandonné la pastorale des classes moyennes.

Depuis la mésaventure arrivée au veau d'or du Sinaï, Dieu ne fait pas bon ménage avec Mammon. Quant à l'Église fondée par Jésus-Christ, elle a été accusée tour à tour de se laisser corrompre par la richesse lors de la Réforme, puis d'entraver l'essor du capitalisme en prohibant le prêt à intérêt, enfin de se compromettre avec l'ordre bourgeois parce qu'elle n'appréciait guère les révolutions.

Jésus opte pour les pauvres sans condamner les banquiers « Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent » (Luc 16, 13), tel est le dilemme posé par Jésus qui exalte les pauvres à de multiples occasions. Les trois évangiles synoptiques rapportent l'histoire du jeune homme riche propriétaire de grands biens qui refuse de les vendre pour les distribuer aux pauvres malgré le conseil donné par Jésus. Et Jésus commente : « Qu'il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu. » Les auditeurs s'inquiètent et demandent : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répond : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Luc 18, 18-30).

Cependant, si Jésus donne le conseil de prêter sans rien attendre en retour (Luc 6, 35), il loue également les serviteurs avisés qui savent faire fructifier les « talents » ou les « mines » que le maître leur a confiés (Matthieu 25, 14-30, Luc 19, 11- 27). Il reproche au serviteur mal avisé de n'avoir pas remis son argent aux banquiers afin de le recouvrer ultérieurement avec l'intérêt. Ainsi, Jésus, qui invite ses disciples à rechercher la perfection et à vivre dans la pauvreté, admet par ailleurs que l'on fasse valoir l'argent dont on a la charge. [...]

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