Par Lui et pour Lui, tout a été fait

éditorial

EN Jésus-Christ Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu.

 Les pages 2 et 3 sont jointes.

 ON reconnaît les non-chrétiens à ce qu'ils s'intéressent au christianisme (comme à tous les grands courants socio-culturels). Les chrétiens, eux, s'intéressent moins à eux-mêmes qu'au Christ, qu'ils trouvent en effet beaucoup plus intéressant. Et qui ne leur donne­rait raison ? C'est le tableau qu'il faut regarder, et non les visiteurs qui s'attroupent devant lui. Le chef-d'œuvre permet d'expliquer le regard tendu, la joie discrète ; on ne comprendra pas grand-chose, en revanche, si on tourne le dos pour regarder ceux qui regardent : on pourra les trouver vaguement ridicules avec leur air un peu absent, et pas toujours très beaux. Sauf dans les rares cas où l'image est contemplée avec tant d'attention et d'amour qu'elle irradie quelque chose de sa beauté sur celui qui la regarde. Il en est ainsi de l'Eglise chrétienne : on n'y com­prend rien tant qu'on la regarde ailleurs que dans ses saints, dans tous ceux, célèbres ou obscurs, qui reflètent en leur vie la bonté, la justice, la beauté qu'ils lisent sur le visage du Christ. C'est ce Christ, d'où l'Eglise tire jusqu'à son nom, qu'ils invitent à contempler.

S'occuper de savoir qui est le Christ est donc bien plus radical que de se demander quel est, sur tel ou tel problème, même religieux, l'avis des chrétiens. Car nous ne savons pas toujours si c'est parce qu'ils sont chrétiens qu'ils se prononcent comme ils le font, ou s'ils ne parlent pas simplement en tant que détenteurs d'une compétence ou d'une fonction particulière dans la société. En revanche, c'est ce qu'ils savent, croient, confessent du Christ qui les fait ce qu'ils sont. On est chrétien parce que l'on confesse que Jésus est le Christ, et uniquement pour cela. Et donc pas d'abord par sa rigueur morale, par son attitude politique, par son appartenance à une culture. Tout cela vient par surcroît. De même, se demander qui est le Christ nous apprendra, par surcroît, ce que t'est qu'être chrétien.

 

Jésus, ou le Christ ?

 

·   Chacun reconnaît, pour l'accepter ou pour le regretter, que notre monde est, ou a été, marqué par le christianisme. Ceux qui prennent l'Eglise pour une réalité politique ou culturelle savent tenir compte de son influence plus ou moins diffuse. En revanche, il n'est pas sûr que ce soit toujours au Christ que l'on pense alors, comme s'il n'avait servi que de prétexte au développement d'une Eglise que l'histoire expliquerait bien mieux que lui.

Quand on veut y revenir plus directement, on parle volontiers de Jésus. Certains vont jusqu'à distinguer nettement entre Jésus de Nazareth et le Christ, et disent croire au premier, non au second. Le Jésus-tout­-court qui reste ainsi est lui-même interprété de fort diverses façons : du révolutionnaire au non-violent, l'éventail est largement ouvert. Un seul point commun entre toutes ces figures : elles sont toutes l'image agrandie de ceux qui les érigent. Chacun se fabrique le Jésus qui lui convient. Le pluralisme est certes légitime en matière de  politique ou de culture ;  mais  il  ne  l'est  plus  quand  ce  sont des fois et des « Christs » qui s'oppo­sent, sous le couvert d'un même pavillon.

·   Que faire alors ? Certainement pas appeler à l'affrontement entre des camps opposés. Mais inviter à la conversion, engager à regarder en soi-même si la foi s'adresse bien au Christ, tel qu'il est. Certaine­ment pas se plaindre de l'intérêt, même maladroit, que suscite la per­sonne de Jésus, pour le réserver à une élite de « purs». Non pas rendre la foi difficile afin de la garder pour soi. Mais lui garder sa plénitude afin de pouvoir la donner toute entière, et à tous.

Il nous faut donc réaffirmer la foi au Christ, une foi qui n'est la nôtre qu'en étant celle de l'Eglise qui, depuis ses origines, a confessé que le Jésus historique et le Seigneur ressuscité ne faisaient qu'un. Telle fut la fonction des apôtres : attester que c'était bien ce même Jésus qu'ils avaient accompagné qui était ressuscité. La foi de l'Eglise tient, impli­citement, mais en entier, dans le nom même de Jésus-Christ : Jésus est le Messie.

 

Qu'en dit l'Evangile ?

 

·   Distinguer Jésus du Christ, c'est vouloir distinguer Celui que confesse l'Eglise et celui dont parle l'Evangile. L'Eglise en aurait recouvert le message primitif d'une croate dogmatique. Lisons donc les évangiles. Que disent-ils de Jésus ?

Une réponse peut s'imposer quand ces textes sont lus hors de la lumière qu'apporte l'Eglise : trois évangiles en font un homme. Saint Jean le fait successivement l'égal de Dieu (par exemple 10, 30 ; 17, 22) et son inférieur (par exemple 5, 19 ; 12, 49). Bien des gens en restent à cette lecture naïve. (p.3)

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