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Peut-on confier à l’utilitarisme les problèmes de ce monde ?

Emmanuel PICAVET
Face au monde - n°180 Juillet - Aout 2005 - Page n° 55

Souvent invoquée dans le débat public concernant les choix de gestion de ce monde, la conception morale utilitariste, bien loin d'être incontestable, n'est qu'une doctrine philosophique parmi d'autres, fragilisée, et nullement l'horizon indépassable du débat éthique contemporain.

 

Il est fréquent d’entendre dire que le « sens commun », abstraction faite des différences doctrinales ou religieuses, est toujours plus ou moins « utilitariste », au sens où il recommanderait de se soucier de la promotion du bien-être du plus grand nombre. Depuis fort longtemps, au demeurant, certains auteurs utilitaristes cherchent à établir la concordance fondamentale entre leurs propres conceptions, effectivement fondées sur cet objectif générique, et celles du sens commun.

Par ailleurs, on recommande parfois une approche de type utilitariste pour traiter des « questions de société » autour desquelles des convictions s’affrontent, précisément parce que l’on recherche dans la promotion du bien-être une voie de dépassement des conflits idéologiques. Lorsque les points de vue semblent irréconciliables, l’utilitarisme ne peut-il offrir un espace neutre pour le dialogue ou la décision publique ?

L’importance, voire la prééminence de ces formes de discours ou d’argumentation dans la vie publique pose un problème singulier au philosophe. En effet, malgré les approximations que comporte inévitablement le discours ordinaire, il s’agit bien d’utilitarisme. Or, l’utilitarisme est, en philosophie, une doctrine fragilisée. On ne saurait oublier les critiques qui, en philosophie, ont conduit la plupart des théoriciens et des analystes appliqués (ceux que l’on appelle parfois les « éthiciens ») à abandonner l’approche utilitariste.

Au théologien, j’imagine que le même phénomène pose des problèmes importants ; n’étant pas compétent en théologie, je ne m’efforcerai pas même de les poser. Toutefois, j’essaierai de montrer, avec les outils de la seule philosophie, qu’il y a des leçons générales à tirer de la mise en cause actuelle, notamment chez les chrétiens, de certaines « solutions » sociales appuyées sur des justifications utilitaristes. J’aurai en tête les exemples de droits contestés qui, aujourd’hui, mettent clairement en cause l’idée générale d’une dignité de l’être humain publiquement consacrée (les droits d’expérimentation, d’utilisation et de clonage sur l’embryon humain, ainsi que les droits de pratiquer l’euthanasie). [...]

 

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