L'Eglise une

N° 236 Novembre - Décembre 2014 - Page n° 37

Mgr. Peter HENRICI Les conférences épiscopales – Une contribution prometteuse à l’unité de l’Église

Garantie par le collège épiscopal «avec le pape et sous le pape», l’unité de l’Église n’est pas celle d’une structure centralisée. La primauté pontificale ne se conçoit pas hors de la communion universelle, où chaque partie contribue au bien de l’ensemble. L’essor récent des conférences épiscopales permet de concevoir celles-ci, sinon comme des organismes collégiaux au sens strict, du moins comme des lieux d’apprentissage de la collégialité concrète. Leur valorisation par le pape François permet de voir en elles un moyen pour rapprocher l’Église des exigences de Vatican II.

 

L’unité de l’Église n’est pas garantie seulement par le pape, mais aussi par le collège épiscopal « avec le pape et sous le pape1 ». Le pape garantit l’unité de l’Église comme tête et point de référence du collège épiscopal. En tant qu’évêque de Rome, il a le même rang que ses frères dans l’épiscopat, tout comme Pierre était un apôtre comme les autres. Celui-ci a cependant reçu de Jésus la tâche particulière de se soucier de la cohésion du cercle des Douze et « d’affermir ses frères dans la foi » (Luc 22,32).

1. La collégialité des évêques

L’unité de l’Église n’est ainsi ni celle d’un monolithe, ni celle d’un État centralisé. Les textes les plus anciens la présentent déjà bien davantage comme un organisme, « le corps du Christ2 », dans lequel chaque partie contribue par sa fonction particulière au bien du tout. Paul attribue cet effet commun à l’Esprit Saint (1 Corinthiens 12, 4.12-14) ; mais il sait aussi que lui doit agir en union avec Pierre et avec les autres apôtres « de peur de courir ou d’avoir couru en vain » (Galates 2,1-10). 

L’enseignement théologique de l’Église a longtemps eu de la peine avec cette compréhension de l’Église. Se référant aux modèles politiques de la société, à l’époque moderne, l’Église a insisté en premier lieu sur l’unité et a, au mieux, toléré une certaine diversité. Les mauvaises expériences au cours de l’histoire ont pu contribuer à cette compréhension centralisée de l’Église. Le lien à des États et à des cultures divers a très tôt conduit à des divisions de l’Église. À la fin du Moyen Âge, les papes et les antipapes ont même davantage contribué aux querelles qu’à l’unité de l’Église. Le concile de Constance, dont nous fêtons cette année [...]

 

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1 À ma connaissance, la formule cum et sub [Petro], que l’on aime bien répéter à Rome, se trouve pour la première fois dans le document de la congrégation pour la Doctrine de la foi Communionis notio 14. Elle doit mettre en valeur la position spécifique du pape comme tête du collège épiscopal, telle qu’elle est soulignée en Lumen gentium 21-25 et en Christus Dominus 2-3, en vertu de laquelle la communio ecclésiale est une communio hierarchica (Nota praevia
2, 4, N. B. et CD 4).

2 Voir 1 Corinthiens 12 ; Colossiens 1,18 ; Éphésiens 1,23 ; 2,16 ; 4,15-16 ; LG 7 .

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