L'examen de conscience

N° 241 Septembre - Octobre 2015 - Page n° 6

M. Christophe BOURGEOIS Éditorial

L'examen de conscience est-il un exercice démodé ? » se demandait déjà, en 1963, le P. Servais Pinckaers, pour défendre avec vigueur les bienfaits d’un exercice destiné à nous faire « prendre pleine conscience de notre personne morale1 ». Il n’est pas certain que la question ait perdu de son actualité, tant cette pratique semble être aujourd’hui tombée en désuétude. Certes, le regard sur sa propre existence est souvent sollicité dans la culture chrétienne contemporaine et l’exercice de la mémoire fortement valorisé : mais cette attitude vise surtout à saisir la cohérence d’une histoire personnelle, à faire mémoire des bienfaits reçus de Dieu – et non à examiner ses propres actes pour approfondir le jugement moral que l’on porte sur eux.

Certaines des préventions contemporaines à l’égard de cette pratique traditionnelle ne sont peut-être pas sans fondement. Si l’on ouvre l’un des nombreux fascicules intitulés Examen de conscience largement distribués à la fin du xixe siècle et au début du xx siècle, la description n’est guère engageante.

On ne doit jamais se présenter au tribunal de la pénitence sans préparation  or, cette préparation renferme trois choses : 1o la prière pour demander à Dieu la grâce de faire une bonne confession ; 2° l’examen qui consiste à rechercher soigneusement dans sa mémoire l’espèce, le nombre et les circonstances de ses péchés; 3° la contrition qui est une douleur et une détestation des péchés qu’on a commis avec la ferme résolution de ne plus offenser Dieu à l’avenir. Faute de l’une de ces préparations, on s’expose à faire une confession nulle ou sacrilège, tant elles sont indispensables2.

L’examen de conscience est d’emblée limité à un exercice préparatoire qui conditionne l’efficacité du sacrement. S’il vise un dénombrement exhaustif, c’est dans une finalité à première vue toute négative : il s’agit d’abord et avant tout de pallier le risque d’oublier certaines fautes. Le fascicule se présente d’ailleurs très classiquement comme une liste des péchés possibles, recensés avec minutie en suivant l’ordre du Décalogue. Le P. Bordeyne rappelait qu’un certain nombre de catéchistes conservent des « souvenirs négatifs – voire traumatisants » de ces « listes » qu’ils ont connues dans leur enfance, ce qui explique probablement que la pratique ne soit plus transmise3. Il y a peut-être « plus grave : si la définition de la contrition que propose un tel texte [...]

 

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1 La Vie spirituelle, 1963, no 494, mai 1963, p. 537-553.

2 Examen de conscience, avertissement, Imprimerie de Trenel, St Nicolas du Port, 1841

3 « Examen de conscience et vie morale », La Maison-Dieu, n° 214, 1998/2, p. 65.

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