Notre Père II Nom-Règne-Volonté

N° 244 Mars - Avril 2016 - Page n° 111

Jean-pierre MAHÉ Grégoire de Narek, Trente-sixième docteur de l’Église universelle

 Le 12 avril 2015, le Pape François a proclamé saint Grégoire de Narek – poète arménien de l’an mille – docteur de l’Église universelle. En ces temps de péril pour les chrétiens orientaux, il es bon de découvrir l’œuvre de ce moine qui fut le plus grand poète des lettres arméniennes et chantre de la pénitence ;  par là, il es  l’un des plus grands consolateurs inspirés.  Les chemins de réconciliation qu’il a ouverts en son temps méritent d’encourager tous nos contemporains qui recherchent une foi plus fervente.

 

Le 12 avril 2015, Sa Sainteté le Pape François a reconnu le génocide dont les Arméniens furent victimes en 1915, et proclamé saint Grégoire de Narek – poète arménien de l’an mille – docteur de l’Église universelle. Il y a un lien entre ces deux décisions. Car, en exterminant 1 500 000 sujets arméniens de l’Empire Ottoman, le Gouvernement Jeune Turc ne visait pas seulement l’élimination physique des personnes, mais l’anéantissement d’une des plus anciennes civilisations d’Asie Mineure, que cinq siècles de domination n’avaient pas effacée.

Il arrive souvent qu’un poète incarne l’esprit d’une nation. C’est, par exemple, le cas d’Homère, de Shakespeare ou de Dante. Mais il est rare que ce chantre inspiré soit en même temps un saint, au sens le plus complet du terme, sans aucune concession à la facilité, mais porteur de toutes les grâces de la Providence et de toutes les promesses de la Rédemption. 

Saint Grégoire de Narek (vers 945-1002) n’est pas seulement le plus grand poète des lettres arméniennes. C’est aussi le maître exigeant de la contrition parfaite, celui qui enseigne à s’offrir librement, sans désespoir et sans ruse, au regard du Créateur omniscient. L’aveu libère, soulage et prépare à l’immortalité. Non point un salut personnel, acquis dans l’angoisse du Jugement et jalousement gardé, mais une rédemption joyeuse et fraternelle, partagée avec l’humanité tout entière promise au même rachat par la chair et le sang du Sauveur. 

Le saint poète, chantre de la pénitence, est donc en même temps l’un des plus grands consolateurs inspirés. On peut, sans hésiter, le situer au même niveau que saint François d’Assise, parmi les chrétiens, ou que Bouddha, parmi les sages des nations. L’obstacle de la langue est la seule raison pour laquelle ce grand saint et ce grand penseur – aujourd’hui traduit en français, en anglais, en italien, en roumain, en russe et en arabe – n’a guère été connu à l’étranger avant la seconde moitié du xxe siècle. Mais à l’intérieur même de sa nation, où il jouit d’une immense célébrité, on ne s’est guère soucié des détails de sa biographie. Certes, on n’ignore rien de son origine et des étapes de sa carrière, mais il est impossible de retracer sa vie, mois par mois, ou même seulement année par année. On ignore jusqu’à la date exacte de sa naissance et de sa mort. Né vers 945 sur la rive sud du Lac de Van, dans le royaume arménien du Vaspourakan (908-1021), Grégoire fut bientôt orphelin de mère Son père Khosrov, proche de la famille royale, entra dans les ordres et devint évêque. Gardant auprès de lui son aîné Isaac, qui lui servit de secrétaire, il confia ses deux cadets, [...]

 

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