Manger

N° 259 Septembre - Octobre 2018 - Page n° 123

Joseph Ratzinger-Benoît XVI Les dons et l’appel sans repentir

Le pape émérite a accepté que soient publiées dans Communio des remarques sur l’article 4 (De Judaeis) de la déclaration conciliaire Nostra Aetate (1965). Relisant deux thèses issues du Concile :  l’Église ne s’est pas « substituée » à Israël et l’Alliance n’a jamais été révoquée, Joseph Ratzinger en précise les contours : la convergence entre judaïsme et christianisme n’efface pas les différences.

 

Introduction - Oliver Artus

Cinquante ans après la promulgation de la « Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes » (Nostra Aetate) du Concile Vatican II par le Bienheureux pape Paul VI, la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme a publié en 2015 un document — « Les dons et les appels de Dieu sont irrévocables » (Romains 11,29), développant deux thèses principales : 

  • La théorie de la substitution — qui affirme qu’après le rejet de Jésus-Christ, Israël a cessé d’être le porteur des promesses de Dieu — doit être rejetée.
  • L’Alliance établie par Dieu en faveur d’Israël est irrévocable. 

La réflexion théologique proposée, dans le texte qui suit, par Joseph Ratzinger – Benoît XVI, a pour objet d’éclairer ces deux propositions, en se fondant en particulier sur une enquête biblique précise. 

Les remarques effectuées par l’auteur reposent sur deux présupposés méthodologiques qu’il a exposés, d’une part dans son ouvrage Jésus de Nazareth, et d’autre part dans l’exhortation post-synodale Verbum Domini

  1.  Comme Joseph Ratzinger – Benoît XVI l’exprime lui-même dans cet article, les textes  de l’Ancien Testament « ne doivent pas être lus de manière statique », mais compris comme « mouvement en avant », mouvement en avant qui, selon une herméneutique chrétienne, conduit vers le Christ. Dans le tome I de Jésus de Nazareth, l’auteur expose en détail, dans son commentaire du Sermon sur la montagne, cette observation méthodologique qui repose sur la mise au jour des modalités selon lesquelles la Bible hébraïque s’est elle-même construite, modalités qui rendent également compte des rapports Ancien Testament / Nouveau Testament : « Jésus ne fait […] rien d’inouï ni de tout à fait nouveau lorsqu’il oppose aux normes casuistiques et aux pratiques développées dans la Torah la pure volonté de Dieu […]. Il reprend à son compte la dynamique interne de la Torah elle-même, déployée ultérieurement par les prophètes, et, en tant qu’Élu, en tant que prophète qui se tient face à Dieu, il lui donne sa forme radicale1 ». Ainsi la Bible hébraïque porte en elle-même les ressources qui conduisent Jésus à l’interprétation qu’il en propose dans le Sermon sur la montagne : l’herméneutique chrétienne n’est pas en rupture mais en continuité avec l’herméneutique juive.
  2. L’analyse des textes bibliques doit conjuguer la recherche du sens littéral, et la prise en  compte du sens canonique des textes, lorsqu’ils sont resitués dans [...]

 

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1 Joseph Ratzinger - Benoît XVI, Jésus de Nazareth I, Paris, Flammarion, 2007, p. 149.

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