n°165 Eglise et Etat Janvier - Février 2003*


Éditorial : Jean-Robert Armogathe : Les deux cités

Fondée par Jésus-Christ sur l’appel du Peuple que Dieu s’est constitué, l’Église possède a elle-même tous les moyens nécessaires à sa fin, qui est le salut de l’humanité. Elle n’a pas d’autre mission, et ne tire que de cette mission ses raisons d’exister.

Thème : Église et État

Giangranco Ravasi : L’Apocalypse , l’Église, l’État

Différentes approches de l’Apocalypse situent l’interprétation de ce texte entre histoire et allégorie. Comment comprendre le symbole des deux bêtes, et l’image de Babylone ? Traçant une interprétation théologique de l’histoire, ce livre prophétique rappelle la souveraineté absolue de Dieu face à toutes les prétentions étatiques des empires de l’histoire.

Jean-Robert Armogathe et Olivier Chaline : D’une société l’autre : Église du Christ et États modernes

Il est trop commun de raisonner comme si Église et État constituaient deux entités analogues : pareille erreur d’interprétation favorise une tension conflictuelle ou une indifférence réciproque à laquelle se ramènent toutes les relations mises en oeuvre entre ces deux termes. Il s’agit plutôt de comprendre « un droit de cité du Christ dans l’histoire des hommes et de l’humanité ».

Hans Maier : Église et État dans l’Europe à venir

Pour tracer ce que peuvent être à l’avenir les relations entre Églises et États, la réflexion part d’une perspective européenne large ; elle rappelle les grandes mutations survenues depuis la seconde guerre mondiale, puis trace le panorama varié qui, aujourd’hui, découle de la réunification de l’espace européen après la chute du rideau de fer.

Émile Poulat : La France, l’Église et l’État

L’Église de France a traversé une double séparation : avec la royauté, avec l’État un siècle plus tard. Dans la situation radicale et codifiée où elle doit vivre, elle a tendance à sous-estimer sa force et à surestimer sa place.

Bruno Bernardi : Sur l’idée de religion civile : une actualité paradoxale

La religion civile comme la religion naturelle appartiendraient-elles aux curiosités archéologiques de l’histoire de la philosophie des Lumières ? Et si nous  ivions en fait à l’époque de la religion civile ? La réponse affirmative de l’auteur est une provocation à la réflexion.

Frantisˇek X. Halas : La Cité du Vatican, un État atypique

Curiosité géopolitique de taille extrêmement réduite, l’État du Vatican exerce une influence internationale en raison de son chef, pasteur de toute l’Église catholique. C’est en subordonnant toujours les moyens qu’il emploie à la fin qu’il poursuit que l’État du Vatican est crédible et peut jouer son rôle : servir la mission spirituelle du Pape et de l’Église.

Jan-Heiner Tück : La force de l’infirmité

Un regard sur l’histoire de la Papauté et une réflexion sur la fonction apostolique expliquent pourquoi le Pape ne peut pas se retirer. Dans la faiblesse de l’âge et de la maladie se révèle aussi la force.

Signets

Edith Stein : Tabernaculum Dei cum hominibus, Matin de Pâques

Deux poèmes de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix.

Xavier Tilliette : Une philosophie selon l’Évangile

Avec Paroles du Christ, ouvrage posthume de Michel Henry, s’est achevée une longue quête. Quelle est la nature de la méditation évangélique ici présente ?

Marc Ouellet : Marie et l’avenir de l’oecuménisme

Loin d’être un obstacle au dialogue oecuménique, Marie devrait être le point de départ d’un nouvel élan de l’oecuménisme spirituel, lié à une spiritualité de communion, qui permette de « faire de l’Église la maison et l’école de la communion ». Dans cette perspective, mener un dialogue élargi sur Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints peut être une perspective oecuménique féconde.

Les deux cités

Abbé Armogathe

« Thomas Becket : Le pouvoir temporel, c’est de bâtir un monde viable, Maintenir l’ordre, tel que le monde le connaît. Ceux qui mettent leur foi dans l’ordre d’ici-bas, hors la souveraineté de l’ordre divin, Dans leur confiance ignorance, ne font qu’arrêter le désordre, le fixant, et engendrant fatale maladie, Dégradant ce qu’ils exaltent... » T. S. Eliot, Meurtre dans la cathédrale.

« Deux amours ont bâti deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité céleste1 » : le texte de saint Augustin n’a rien perdu de son actualité. Les deux cités, on le sait, ne sont pas distinctes, elles coexistent dès ce monde-ci, et même dans chacun de nous. Baptisé, citoyen, nous appartenons à l’Église comme à l’État. Ou, mieux encore, nous constituons l’Église, Peuple de Dieu, tout autant que l’État, Commonwealth, communauté solidaire. Les deux corps offrent des traits communs : l’État propose une idéologie, l’Église dispose de moyens matériels et intervient dans la société. Cependant notre mode d’appartenance est radicalement différent. Le baptême n’est pas le droit du sol, il est le don que Dieu fait dans la mort et la résurrection de son Fils. L’Église n’est donc pas une société qui puisse être située ou se situer en face, au dessus, à l’intérieur de l’État . Toutes les solutions proposées en ce sens méconnaissent son caractère propre : elle possède en elle-même tous les moyens nécessaires à sa fin, qui est le salut de l’humanité. Ses écoles, ses hôpitaux, oeuvres d’instruction et d’assistance, ne tendent qu’à cela. Les bienfaits qu’elle a pu offrir et les erreurs qu’elle a pu commettre sont des pas en avant ou en arrière vers cette fin. Fondée par Jésus-Christ sur l’appel du Peuple que Dieu s’est constitué, l’Église n’a pas d’autre mission, et ne tire [...]

 

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1. Cité de Dieu, l, XIV, XXVIII.

Edith Stein : Tabernaculum Dei cum hominibus, Matin de Pâques

Deux poèmes de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix.

Xavier Tilliette : Une philosophie selon l’Évangile

Avec Paroles du Christ, ouvrage posthume de Michel Henry, s’est achevée une longue quête. Quelle est la nature de la méditation évangélique ici présente ?

Marc Ouellet : Marie et l’avenir de l’oecuménisme

Loin d’être un obstacle au dialogue oecuménique, Marie devrait être le point de départ d’un nouvel élan de l’oecuménisme spirituel, lié à une spiritualité de communion, qui permette de « faire de l’Église la maison et l’école de la communion ». Dans cette perspective, mener un dialogue élargi sur Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints peut être une perspective oecuménique féconde.


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