Une Université catholique

Mgr. Jean-Louis BRUGUÈS
L'idée d'Université - n°225 Janvier - Février 2013 - Page n° 67

En quoi une université est-elle vraiment catholique ? Quelle est sa spécificité et sa mission ? La réflexion se développe à partir des premiers mots  « Ex corde Ecclesiae » de la Constitution Apostolique sur les Universités Catholiques et reprend l’interrogation de Benoît XVI : « La foi est-elle ‘tangible’ dans nos Universités ? »

 

En me nommant à l’évêché d’Angers, en mars 2000, le Saint-Père me confiait dans le même temps l’Université Catholique de l’Ouest rattachée au Siège. Le milieu universitaire ne m’était pas inconnu dans la mesure où j’avais enseigné la théologie morale fondamentale d’abord à l’Institut Catholique de Toulouse, puis à l’Université de Fribourg (Suisse) ; mais je n’y avais jamais reçu de responsabilités administratives. Comment exercer la charge de Grand Chancelier ?

Je pris comme ligne de conduite de donner à la fois un élan et un contenu plus précis à chacune des réalités désignées par les trois lettres du sigle U.C.O.. Ce ne fut jamais facile. La lettre U. : l’autorité publique se refusait à admettre que nous étions une université comme les autres, aussi exigeante que celles de l’État, sinon plus, dans l’appli cation des principes d’enseignement, de recherche, de contrôle des connaissances des étudiants et de recrutement du personnel. Lors de chaque nomination du recteur de l’académie de Nantes, il fallait recommencer, tel de modernes Sisyphe, la sempiternelle bataille du titre d’université et de la délivrance des diplômes. Je ne me suis jamais résigné à admettre que les universités publiques étaient, du point de vue de la loi nationale, les héritières légitimes des universités primitives, toutes nées dans le giron de l’Église, comme nous le verrons un peu plus loin, alors que les universités créées par cette même Église dans la seconde moitié du XIXe siècle étaient exclues de l’héritage. Le sigle O. présentait lui aussi des aspérités : la position géographique d’Angers n’était pas idéale, il faut le reconnaître, et l’on comprenaitles velléités de la Bretagne de se doter d’un lieu universitaire propre, tandis que les diocèses du sud de la « diète » regardaient plutôt vers les grands centres de Bordeaux et de Toulouse.

 

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