Le don miséricordieux de l’indissolubilité

Nicholas J. HEALY Jr.
La Famille - n°237 Janvier - Février 2015 - Page n° 27

Les débats doctrinaux des trente dernières années font ressortir l’importance de réhabiliter le caractère indissoluble du mariage sacramentel comme un don du Christ à son Église. Enrichie par le sacrement de réconciliation, la vie chrétienne passe par la conversion du coeur et des mœurs, dans la communion avec toute l’Église.

La première page, 27, est jointe.

 

Dans un entretien avec le P. Antonio Spadaro en août 2013, le pape François a résumé sa vision de l’Église par une image : Ce dont l’Église a le plus besoin aujourd’hui c’est la capacité à guérir les blessures… Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol et si son taux de sucre dans le sang est élevé. Nous devons guérir les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste. Guérir les blessures, guérir les blessures1.

 

  La multiplication des divorces est une des blessures les plus douloureuses et les plus graves de notre temps. Elle est à la fois une tragédie sur le plan humain, source de souffrance pour les époux et plus particulièrement pour les enfants, et comme l’affirme le pape François « une profonde crise culturelle […] car la famille est la cellule fondamentale de la société » (Evangelii Gaudium, 66). Dans l’Église, la rupture du mariage signifie une crise de la foi dans l’ordre des sacrements. Point de contact privilégié entre la nature et la grâce, le mariage sacramentel représente réellement la fidélité et la miséricorde de Dieu dans son alliance avec la Création. Dans la vie, la mort et la résurrection du Fils incarné, cette fidélité plonge ses racines au plus profond de la nature et, par l’Église et ses sacrements, guérit et élève la nature au point de lui permettre de partager la vie et l’amour de Dieu2.

  La situation se complique par le fait que, souvent, ceux dont le mariage a apparemment échoué ont obtenu un divorce et contracté une nouvelle union civile. Il s’agit là d’une question cruciale pour le prochain synode ordinaire : quel accompagnement l’Église peut-elle offrir aux fidèles qui se trouvent dans cette situation ? Comment peut-elle aider à guérir les blessures ?

1 Texte disponible sur :http://tiny.cc/francois-spadaro-2013

2 L’image du mariage chrétien qui a ses racines au plus profond de la nature est empruntée à Mathias Scheeben,Les Mystères du christianisme, essence, signification et synthèse, trad. fr. par D. Mazé, Paris, Payot, 1958 : « Par ce sacrement l’Église serre sur son cœur les toutes premières relations humaines, celles dont dépendent l’existence et la propagation de la nature humaine […]. Nulle part la vérité n’est apparue plus clairement que la nature dans son ensemble, jusque dans ses racines les plus profondes, partage la consécration sublime du Dieu fait homme qui a amené la nature à lui. Nulle part la vérité n’apparaît plus clairement que Dieu a fait du Christ la pierre angulaire sur laquelle sont fondées la préservation et la croissance de la nature. »


 



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