Le soldat et la paix - un témoignage

Général Xavier de MARNHAC
La paix - n°257 Mai - Aout 2018 - Page n° 105

Il est plus facile de remporter une victoire militaire que d’établir la paix. Malgré les progrès réalisés par ce qu’il est convenu d’appeler la communauté internationale, la réalité du monde demeure la violence et seule la combinaison de la force et du droit permet de la maîtriser. Contribuer au maintien de la paix dans un environnement politico-diplomatique, historique et sociologique complexe passe par la gestion de nombreuses contradictions. L’édifice juridique construit au fil des siècles ne saurait garantir seul la paix sans s’appuyer sur un bras solidement armé : c’est l’honneur du soldat, en démocratie, que de mettre cette force au service du droit. 

 

« Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu »

Il peut sembler paradoxal d’associer le soldat et la paix. Du premier, sans renier le précepte romain Si vis pacem, para bellum, on pense généralement qu’il est plus un fauteur de guerre qu’un acteur de paix. De la seconde, sans en négliger les bienfaits, on peut s’interroger pour savoir si elle appartient plus ou moins que la guerre à l’ordre naturel du monde. 

En 1988, les Casques Bleus de l’ONU se virent attribuer le prix Nobel de la paix. Le symbole était fort. En 2012, le Comité Nobel norvégien a décidé d’attribuer ce même prix Nobel de la paix à l’Union Européenne « pour avoir contribué pendant six décennies à l'avancement de la paix et de la réconciliation, de la démocratie et des droits de l'homme en Europe ».

À la même époque, je dirigeais depuis plus d’un an déjà la mission européenne « État de droit » au Kosovo - EULEX Kosovo. C’est ainsi que je me suis très modestement senti concerné par cette reconnaissance de l’engagement de l’Union européenne en faveur de la paix dans les Balkans.

J’avais déjà eu l’occasion de servir dans la région comme officier général une première fois pendant 6 mois en 2005/2006 comme n°2 de la force de l’OTAN déployée sous mandat de l’ONU (résolution 1244), puis à nouveau en 2007/2008 cette fois-ci comme commandant de cette même KFOR (Kosovo Force) pour y gérer, entre autres, la proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo en février 2008. 

Je devais enfin y retourner pour un troisième séjour, comme civil cette fois, pendant près de deux ans et demi (2010/2013) à la tête de la mission EULEX-État de droit, alors la plus importante des missions civiles de l’UE et la seule à disposer d’un mandat exécutif. 

Ces riches expériences et quelques autres au cours d’une carrière très marquée par la gestion de crise, en Afrique, au Proche-Orient ou en Asie Centrale me permettent de porter un regard critique sur ce cadre d’emploi pour un soldat et, avec beaucoup de précautions, d’en tirer quelques enseignements.[...]

 

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