La jeunesse et l'Église

N° 122 Novembre - Décembre 1995*

Éditorial: Marie-Christine Gillet : Que faire de sa jeunesse ?

La jeunesse peut être définie comme un temps privilégié de formation et de prise de conscience de sa vocation. Nous proposons une réflexion sur les moyens et les fins de l'éducation, sur la façon dont doit être comprise et accueillie la vocation sacerdotale au sein de l'Église, enfin sur ce que l'Église offre et a offert à la jeunesse.

Thème

Marguerite Léna : « Lève-toi et marche »

L'éducateur est confronté à maints paradoxes. Il doit combattre aussi bien le repli narcissique que le conditionnement extérieur et dispose pour cela de la parole. Il doit également permettre tout autant l'enraci-nement dans un passé que l'ouverture vers l'inconnu de l'avenir.

Ronald Austin : Hollywood et la jeunesse

Qui détermine les valeurs des jeunes ? les parents, les professeurs, ou... l'industrie du divertissement qui, grâce aux médias, a pris la jeunesse pour cible en créant une pseudo-culture jeune, fondée sur le consumé-risme ? Devant une telle remise en question, les adultes responsables – famille, communauté, Église – doivent affirmer leur autorité d'éduca-teurs : c'est un droit et un devoir.

Sabine Laplane : Des serviteurs de la confiance

Quelle est aujourd'hui la signification de ce rassemblement de jeunes que constitue Taizé ? Le non-conformisme de l'accueil, la simplicité des conditions de vie, l'intensité des offices sont autant de conditions favorables à la découverte ou à l'approfondissement d'une vocation.

Antoine Hérouard : L'aventure du Frat

Chaque année, les jeunes d'Île-de-France se retrouvent : 7 000 jeunes à Lourdes en 1994, 12 000 jeunes à Jambville en 1995. Telle est l'aventure du Frat (Fraternel), commencée au début du siècle et relancée dans les années 1970. Comment faire de cette expérience intense la source d'une foi durable et communautaire ?

Gérard Cholvy : Jeunesse chrétienne en mouvements (1945-1995)

Après l'expansion sans précédent qui suit la Libération, les mouvements de jeunesse spécialisés connaissent une crise d'identité qui est une remise en cause de «la priorité donnée à l'évangélisation» au bénéfice d'une action temporelle, politique et sociale. Dans la société éclatée de cette fin de siècle, l'uniformité des méthodes ne saurait convenir ; le réveil du religieux interpelle les mouvements éducatifs qui doivent répondre à un besoin grandissant de formation.

Ludovic Laloux : Panorama des organisations catholiques de jeunes

L'option préférentielle accordée à l'Action catholique jusqu'en 1975 a longtemps constitué un obstacle au développement d'autres mouve-ments ou organisations de jeunes. Tandis que l'Action catholique est de plus en plus marquée par la désacralisation, on constate une grande variété parmi les mouvements éducatifs, ainsi qu'un foisonnement d'initiatives plus ponctuelles hors du cadre des mouvements. Tous deux se caractérisent par une annonce explicite de la foi.

Eric Aumônier : Vocations sacerdotales et formation sacerdotale

Une vocation sacerdotale ne peut être « expliquée » que par l'appel de Dieu, non par les attentes des hommes. L'Église doit donc renoncer à tel ou tel idéal du prêtre pour reconnaître celui que Dieu a choisi. La formation doit être aussi bien formation spirituelle grâce à l'approfon-dissement de l'Écriture sainte qu'apprentissage d'une vie en commu-nauté qu'on ne peut pourtant garantir aux futurs prêtres.

L'exercice du magistère : Questions disputées

Bruno Dufour : La Déclaration Dignitatis humanae trente ans après sa promulgation : glissement et renversement

Le 7 décembre 1965, Paul VI promulguait la déclaration conciliaire Dignitatis humanae. Trente ans après, le nouveau contexte créé par l'effondrement du mur de Berlin a fait naître une nouvelle urgence dans les déclarations du Saint-Siège sur la liberté religieuse.

Bruno Neveu: Pouvoir et savoir. L'Église et la régulation théologique

À l'heure où l'autorité de l'Église est souvent remise en question, il importait d'expliciter les nuances et les degrés d'adhésion qu'implique l'exercice du magistère.

Actualité : La conférence de Pékin

Joan F. Lewis : Le Saint-Siège et la Conférence de Pékin

Sur le rôle décisif des représentants du Saint-Siège à la conférence de Pékin : l'affaire des passages entre parenthèses du document préparatoire.

Mary Ann Glendon : Discours à la conférence de Pékin sur les Femmes

Professeur de droit à Harvard, Mary Ann Glendon était à la tête de la délégation du Saint-Siège lors de la IV` conférence mondiale sur les Femmes. Nous donnons des extraits de son discours du 5 septembre 1995.

Signets

Paul McPartlan : Le Catéchisme et le dialogue catholiques-orthodoxes : rapprochement dans la même foi

La dernière étape de la réconciliation entre catholiques et orthodoxes sera-t-elle franchie d'ici l'an 2000, comme semble l'espérer toujours le pape Jean Paul II ? Une lecture attentive du Catéchisme de l'Église catholique donne lieu de penser qu'un tel espoir n'est pas sans fonde-ment. La primauté de l'évêque de Rome, difficulté théologique majeure dans le dialogue oecuménique, s'y trouve en effet présentée d'une manière à la fois ancienne et profondément renouvelée à partir du mystère de l'Eucharistie qui « fait l'Église ».

Ansgar Santogrossi : Pourquoi ordonner des hommes plutôt que des femmes ?

La revendication du sacerdoce féminin résulte de l'oubli de la différence, que Dieu a instituée, tout comme l'identité, au sein de la création. La différence entre l'homme et la femme symbolise la différence entre Dieu et le monde, comme entre le Christ et l'Église.

Que faire de sa jeunesse ?

Marie-Christine Gillet

CÉBÈS. — Que dire ? que faire ?

À quoi emploierai-je ces mains qui pendent, ces pieds Qui m'emmènent comme le songe nocturne ?

La parole n'est qu'un bruit et les livres ne sont que du papier. (...]

Qu'est-ce que je suis ?

Qu'est-ce que je fais ? qu'est-ce que j'attends ?

Et je réponds : Je ne sais pas ! et je désire en moi-même Pleurer, ou crier,

Ou rire, ou bondir et agiter les bras !

(Paul CLAUDEL, Tête d'or, 2' version, I" partie.)

Les jeunes sont partout. Du monde de la publicité à celui de l'éducation, en passant par les documents de l'Église, la jeunesse est devenue une préoccupation majeure, elle est au centre de tous les débats qui risquent d'en faire une fin en soi.Il y a chez les jeunes une revendication formidable d'auto­nomie, mais celle-ci est elle-même récupérée et conditionnée par les médias et la société de consommation qui crée et renouvelle une « culture jeune » vouée à l'éphémère et à l'immédiat1. Notre revue pouvait bien, elle aussi, s'y intéres­ser d'un peu plus près. Aussitôt apparut une difficulté : de saines règles de méthode nous ayant appris à définir d'abord ce dont nous discuterions ensuite, comment donc définir la jeunesse ? Le critère de l'âge est évidemment arbitraire, en dépit des interdits de la SNCF et de bien d'autres organismes officiels. Pourquoi donc un quadragénaire n'aurait-il pas le droit de revendiquer son appartenance à cette catégorie ? La situation familiale ou professionnelle offre des bases plus discutables encore : il y a des célibats, non consacrés, à vie, les étudiants dits du troisième âge ne sont plus rares, alors que certains interrompent encore leurs études à seize ans. Bref,  nous  voici  réduits  à  ce  sentiment  on  ne  peut plus subjectif qu'est l'état d'esprit : est « jeune » celui qui se sent tel, ce qui ne saurait fournir une assise bien sérieuse à une quelconque réflexion. [...]

 

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1. Voir ici-même l'article de Ronald AUSTIN, p. 25-29.

L'exercice du magistère : Questions disputées

Bruno Dufour : La Déclaration Dignitatis humanae trente ans après sa promulgation : glissement et renversement

Le 7 décembre 1965, Paul VI promulguait la déclaration conciliaire Dignitatis humanae. Trente ans après, le nouveau contexte créé par l'effondrement du mur de Berlin a fait naître une nouvelle urgence dans les déclarations du Saint-Siège sur la liberté religieuse.

Bruno Neveu: Pouvoir et savoir. L'Église et la régulation théologique

À l'heure où l'autorité de l'Église est souvent remise en question, il importait d'expliciter les nuances et les degrés d'adhésion qu'implique l'exercice du magistère.

Actualité : La conférence de Pékin

Joan F. Lewis : Le Saint-Siège et la Conférence de Pékin

Sur le rôle décisif des représentants du Saint-Siège à la conférence de Pékin : l'affaire des passages entre parenthèses du document préparatoire.

Mary Ann Glendon : Discours à la conférence de Pékin sur les Femmes

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Paul McPartlan : Le Catéchisme et le dialogue catholiques-orthodoxes : rapprochement dans la même foi

La dernière étape de la réconciliation entre catholiques et orthodoxes sera-t-elle franchie d'ici l'an 2000, comme semble l'espérer toujours le pape Jean Paul II ? Une lecture attentive du Catéchisme de l'Église catholique donne lieu de penser qu'un tel espoir n'est pas sans fonde-ment. La primauté de l'évêque de Rome, difficulté théologique majeure dans le dialogue oecuménique, s'y trouve en effet présentée d'une manière à la fois ancienne et profondément renouvelée à partir du mystère de l'Eucharistie qui « fait l'Église ».

Ansgar Santogrossi : Pourquoi ordonner des hommes plutôt que des femmes ?

La revendication du sacerdoce féminin résulte de l'oubli de la différence, que Dieu a instituée, tout comme l'identité, au sein de la création. La différence entre l'homme et la femme symbolise la différence entre Dieu et le monde, comme entre le Christ et l'Église.


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