Décalogue VI : Tu ne commettras pas d'adultère

N° 129 Janvier - Février 1997*

Le sixième commandement n’est-il pas tombé en désuétude ?
La pratique de plus en plus répandue de la cohabitation juvénile et de l’union libre ne le rend-elle pas sans objet ?
L’interdiction de l’adultère a-t-elle une pertinence dans une société où le mariage semble avoir perdu tout sens ? 

Il est écrit: "Tu ne commettras pas d'adultère". Eh bien! moi je vous dis que tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son coeur, commis l'adultère acec elle (Matthieu 5,27-28). Comment entendre la parole de Jésus? Sommes tous adultères? Le Christ lui-même n'a-t-il éprouvé aucun désir sexuel?

Page Titre Auteur(s)
3 Exergue Paul CLAUDEL
11 Le droit et le temps de l'amour Vincent CARRAUD
21 La chasteté de Jésus Xavier TILLIETTE
27 Chasteté et « refus de prendre », Jésus devant la tentation originaire Jean-Pierre BATUT
37 Apologie pour la monogamie. L'Evangile et les critères de l'éthique sexuelle Karl-heinz PESCHKE
69 La théologie: un état des lieux Joseph Ratzinger BENOÎT XVI
89 L'Eglise, le crime, et la vérité Communio
91 L'Église, le crime et la vérité - John Prizer, dans Sleepers John PRIZER
95 L'Eglise le crime et la Vérité - La dernière marche de Tom Robbins Patrick PIGUET
99 Jan Sarkander: Sens d'une canonisation et mémoire de l'Eglise František X. HALAS

1. Un commandement désuet

La cinquième parole du Décalogue, Tu ne tueras pas, portait sur la condition sine qua non, selon la Bible, de la vie; enten-dons, de la genèse et du déploiement de toute liberté personnelle. La sixième, Tu ne commettras pas d'adultère, exprime la condition du sens de cette vie : l'amour. C'est pour-quoi l'Eglise a toujours considéré que la formulation négative du commandement était indissociable de ce qu'il visait posi-tivement : l'amour d'un homme et d'une femme créés comme tels, c'est‑à‑dire deux et différents, à l'image de Dieu  (Genèse 1, 27). Ce disant, l'Eglise pose deux thèses : ‑ l'amour, fût‑il éprouvé comme passion, n'a de sens que pour deux libertés; - la fidélité est la forme propre de sa temporalité. Ces deux thèses sont comprises dans la notion de mariage monogamique, auquel l'Eglise a conféré, à la suite du Christ et pour cette raison même, le statut de sacrement :  « Voici que l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne seront qu'une seule chair. Ce sacrement (mysterion, sacramentum) est grand, dis‑je, dans le Christ et dans l'Eglise » (Ephésiens 5, 31‑32). Le mariage 1 vaut dans l'union du Christ

1. Rappelons que l'adultère désigne l'infidélité conjugale; il y a donc adultère si l'un des partenaires est marié (adultère simple); il y a adultère double si les deux le sont. Saint Thomas en développe l'étymologie (ad alterum) en

11

 

 

 

Le Vice‑Roi. ‑ Ô compagne de mon exil, je n'entendrai donc jamais de ta bouche que ce non et cet encore non!

Dona Prouhèze. ‑ Eh quoi, noble Rodrigue, aurais‑tu donc voulu que je remette entre tes bras une adultère ?

Paul Claudel, Le soulier de satin, troisième journée, scène XIII.


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