La mondialisation

N° 147 Janvier - Février 2000*

Éditorial Olivier Chaline : Mondialisation et Bien commun

Peut-on traiter du phénomène économique de la mondialisation? Pour être évalué, le processus doit tout d'abord être compris. Sans concession à la mode ou à l'air du temps, la démarche est d'évacuer tout verbalisme pour permettre la réflexion.

Thème: La mondialisation

Serge Landes : Déraison de l'économisme

Contre les discours idéologiques prétendant à une rationalité exclusive de toute autre, en réalité insuffisante parce qu'elle est limitée et mutilante, des rappels sont nécessaires : non seulement la plénitude de la' raison humaine implique un droit à la parole critique pour tous – lorsque la répartition méconnaît l'exigence d'égale dignité – mais cette plénitude ne s'accomplit que dans la participation à la vie divine.

Edmond Malinvaud : Mondialisation et autres transformations de notre système économique

La mondialisation se manifeste parla généralisation du néolibéralisme et la diffusion de nouvelles technologies. Elle suscite l'éloignement croissant du capital vis-à-vis du travail et peut créer de nouvelles instabilités, notamment financières. Mieux vaut la discipliner que la refuser.

Nicolas Baverez : La dialectique de la mondialisation entre prospérité et instabilité, ouverture et exclusion

La mondialisation n'est ni bienheureuse ni diabolique. Elle résulte de l'interaction des stratégies de puissance des nations (des États-Unis notamment), des entreprises et des acteurs sociaux. Mais il lui faut un mode de régulation.

Michel Sales : Nations, transformations mondiales en cours et Bien commun de l'humanité

Après la vague des «religions séculières» combattues par G. Fessard, d'autres idéologies économico-politiques apparaissent. Contrastant avec le maintien des politiques de puissance, les formes multiples de la générosité humaine ne trouvent leur plénitude et leur fondement que dans la révélation historique du Christ. Pour que le discernement s'opère aujourd'hui, il est tout d'abord nécessaire de comprendre rigoureusement les concepts de Bien commun et d'humanité.

Joseph Joblin : Actualité du christianisme dans le processus et Bien commun de mondialisation

Comment l'Église répond-elle aux défis nouveaux lancés par la mondialisation. Le magistère a déjà tracé les principes qui conduisent à une évaluation du phénomène. La voie ouverte est normée par le principe d'un développement intégral de l'humanité fondé par la possibilité d'une régénération de cette humanité dans le Christ.

Jean-Yves Rouxel : La participation du Saint-Siège à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE)

Très actives à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, les délégations du Saint-Siège ont contribué à faire du respect des droits de l'homme un principe des relations internationales à côté du règlement pacifique des conflits. C'est en fonction de telles exigences qu'est réclamée une stratégie coordonnée de la communauté internationale dans les guerres entre Slaves du Sud.

Dossier : Le millénarisme

Romano Penna : L'accomplissement des temps et la théologie chrétienne de l'histoire

Proclamer que la fin des temps est « advenue à l'intérieur de l'histoire et non comme un dépassement de sa durée c'est le paradoxe que soutient la pensée », chrétienne contre la conception grecque du temps et aussi contre l'attente juive du Messie. A travers les textes du Nouveau Testament qui présentent les étapes de l'accomplissement, le chrétien dispose d'une clef d'interprétation: la foi dans le Christ en qui il est déjà passé de la mort à la vie.

Ugo Vanni : L'Apocalypse est-elle millénariste?

Partant des deux interprétations réaliste et symbolique, l'exégète du chapitre 20 de l'Apocalypse s'interroge sur la valeur des mille ans et conclut que le chiffre mille indique la présence active et continue de Dieu dans l'histoire, capable de réduire l'adversaire à l'impuissance. Sans céder à l'inertie ni à l'illusion d'un paradis sur terre, le chrétien doit assumer sa responsabilité dans la construction du royaume à venir.

Mondialisation et Bien commun

Olivier Chaline

« Le genre humain se trouve face à des formes d'esclavage nouvelles et plus subtiles que celles qu'il a connues dans le passé; la liberté continue à être pour trop de personnes un mot privé de contenu. (..) Il faut éliminer les violences qui engendrent la domination des uns sur les autres : il y a là péché et injustice. (..) Il ne faut pas remettre encore une fois à plus tard le temps où le pauvre Lazare pourra lui aussi s'asseoir à côté du riche pour partager le même banquet et ne plus être obligé de se nourrir de ce qui tombe de la table (cf. Luc 16, 19-31). L'extrême pauvreté est source de violence, de rancoeurs et de scandales. Lui porter remède est faire oeuvre de justice et donc de paix. » Jean-Paul II, Incarnations mysterium, Bulle d'indiction du grand jubilé de l'An 2000, n° 12.

Un numéro de Communio sur la mondialisation peut surprendre, car notre revue, qui n'a que faire de la mode, ne se mêle guère non plus d'économie. Mais, dans la confusion des médias et des passions, il est difficile de se faire une idée des transformations en cours et d'en saisir les enjeux. Notre propos est donc double : faire comprendre à nos lecteurs des phénomènes appelés « mondialisation », parfois aussi «globalisation» ; esquisser une évaluation chrétienne en fonction de la notion de Bien commun. On aura, bien entendu, reconnu dans un tel titre une référence directe au Père Gaston Fessard, l'auteur en 1936 de Pax nostra. Un examen de conscience international, puis en 1942 d'Autorité et Bien commun. Nous avons, par le passé, souligné à maintes reprises combien l'idée de catholicité met en place un modèle de rapport à l'universel spécifique, impossible à comprendre sans une théologie de l'Église et des sacrements, si admirablement pensée par le Père de Lubac. C'est dans cette perspective que peut être compris notre numéro.

« Mondialisation » : le mot suscite facilement l'équivoque. On y sent le profit et la richesse, la fatalité et l'exclusion. Dans un sentiment confus d'urgence du présent, on en use et abuse : se croisent craintes et enthousiasmes, concepts rigoureux et effets d'estrade, illusions et manipulations.

 

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Dossier : Le millénarisme

Romano Penna : L'accomplissement des temps et la théologie chrétienne de l'histoire

Proclamer que la fin des temps est « advenue à l'intérieur de l'histoire et non comme un dépassement de sa durée c'est le paradoxe que soutient la pensée », chrétienne contre la conception grecque du temps et aussi contre l'attente juive du Messie. A travers les textes du Nouveau Testament qui présentent les étapes de l'accomplissement, le chrétien dispose d'une clef d'interprétation: la foi dans le Christ en qui il est déjà passé de la mort à la vie.

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Partant des deux interprétations réaliste et symbolique, l'exégète du chapitre 20 de l'Apocalypse s'interroge sur la valeur des mille ans et conclut que le chiffre mille indique la présence active et continue de Dieu dans l'histoire, capable de réduire l'adversaire à l'impuissance. Sans céder à l'inertie ni à l'illusion d'un paradis sur terre, le chrétien doit assumer sa responsabilité dans la construction du royaume à venir.


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