L'écologie - Heureux les doux

N° 107 Mai - Juin 1993 - Page n° 6

M. Olivier BOULNOIS La nature est pour l'homme, et l'homme pour Dieu

Où l'on rejette deux extrêmes : l'écologisme fondamentaliste, qui réduit l'homme à n'être qu'une espèce parmi d'autres, et la destruction massive de l'environnement, qui réduit la nature à n'être qu'un instrument en vue de fins fixées arbitrairement par l'homme. Tous deux sont des déformations de la dignité de l'homme, maître de la nature dans la mesure où il est l'image de Dieu.

 

La nature est pour l'homme et non l'homme pour la nature

Le souci de l'environnement a pris, lors de ces dernières décennies, une importance cruciale et justifiée. L'idéologie libérale et son revers marxiste, en butant sur l'obstacle constitué par la nature, ont découvert leurs limites. Alors que ces théories imaginaient atteindre une forme de bonheur terrestre par la seule organisation rationnelle des rapports de production, au nom d'un pouvoir absolu de l'homme sur la terre, elles découvrent maintenant que les ressources sont finies et qu'une exploitation désordonnée et sans frein de la nature s'avère contraire aux intérêts de l'homme. Pollution, saccage, destruction sont des problèmes aigus dans bon nombre de régions du globe. Ils montrent que l'exploitation des ressources terrestres, élevée à la hauteur d'un absolu, se révèle à long terme dangereuse, inutile et contre-productive, en raison des nuisances qu'elle engendre. Ainsi l'écologie, qui était originellement la science des espèces naturelles et de leur environnement, est devenue une question économique et politique. Elle entend même s'appuyer sur un fondement théologique. Le récit de la Genèse montre en effet comment la liberté de l'homme, en tant que pécheresse, a obscurci son statut d'image et perverti sa dignité de «fermier de Dieu1. La nature apparaît alors  [...]

 

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1Selon la belle expression de J. Bottéro, Naissance de Dieu, Paris, 1993, p. 248. «La Genèse 1, 26 associe l'être à l'image de Dieu et la domination de l'homme sur la nature : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout être vivant qui rampe sur la terre. On pourrait aussi voir en l'homme le jardinier de Dieu, à l'image du Ressuscité de l'Évangile.»

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