Le Mystère Pascal

N° 207 Janvier - Avril 2010 - Page n° 91

Giorgio MASCHIO La tristesse de Jésus à Gethsémani

Les ariens interprètent la tristesse de Jésus à Gethsémani comme la preuve de l’infériorité de la nature du Fils par rapport au Père. Ambroise de Milan voit au contraire dans cette agonie la manifestation de la bonté et de la grandeur du Fils : « Il ne m’aurait pas été d’un aussi grand secours s’il n’avait pas assumé mes sentiments ».

 

«“Père, s’il est possible, éloigne de moi ce calice”. Beaucoup restent perplexes devant ce passage : ils interprètent la tristesse du Seigneur comme la preuve d’une faiblesse, en lui, originelle et intrinsèque, et non pas seulement temporairement assumée ; et ils s’ingénient ainsi à déformer le sens de son explication la plus naturelle. Pour moi, au contraire, non seulement je ne pense pas devoir l’excuser, mais je suis même encore plus étonné que jamais, devant sa bonté et sa grandeur. En effet, il ne m’aurait pas été d’un aussi grand secours, s’il n’avait pas assumé mes sentiments. Il a donc connu la tristesse, pour moi, lui qui n’avait aucune raison d’être triste pour lui-même ; et ayant renoncé à la jouissance de sa divinité éternelle, il a éprouvé les tourments de ma grande faiblesse. Il a endossé ma tristesse pour me faire don de sa joie et il s’est abaissé à marcher comme nous vers les affres de la mort, pour nous faire revenir à la vie, comme il l’a fait pour lui-même »1.

C’est un passage de la prédication d’Ambroise, évêque de Milan, dans son commentaire de l’Évangile selon Luc. Nous sommes aux débuts du récit de la passion, au moment de l’agonie de Jésus dans le jardin des oliviers, quand il affi rme que son âme « est triste d’aller à la mort » et qu’il prie le Père d’éloigner ce calice2. [...]

 

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1. Ambroise de Milan, Sur l’Évangile de Luc, PL, t. 15, X, 56.

2. La prière au Père est rapportée en Luc 22,42 et dans les quatre synoptiques ; la tristesse de l’âme n’apparaît pas chez Luc, mais chez Marc 14, 34 et Matthieu 26, 38. Ambroise commente le texte de Luc en ayant présents à l’esprit les autres Évangiles.

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