La paix

N° 257 Mai - Aout 2018 - Page n° 134

M. Bernard GENDREL La conversion de Paul Bourget, chemin vers l'Inconnaissable

Pour beaucoup, à travers ses articles et ses romans, Paul Bourget (1852-1935) est le représentant d’un conservatisme politique et moral dont la religion n’est qu’une conséquence. Le journal intime révèle un autre Bourget, plus sentimental, plus mystique, et permet d’écarter tout soupçon de ralliement idéologique.

 

Même si la conversion complète de Paul Bourget (1852-1935) date du 27 juillet 1901, Charles Maurras annonce dès 1900, dans son article « M. Paul Bourget dans son jardin1 », le retour à la foi catholique du grand romancier français. Son analyse se révèle même assez subtile puisqu’à côté de raisons politiques et sociales (mise en valeur de la famille par rapport à l’individu, monarchisme) ou d’influences littéraires (Bonald, Balzac, Le Play), Maurras met surtout en avant la « personne sensitive » de Bourget. Il rappelle qu’en 1883 le critique et romancier avait déjà esquissé la possibilité d’un retour à la foi dans un article sur le mysticisme d’Alexandre Dumas fils : 

La vision d’un au-delà qui soit la raison d’exister de l’univers et de nous-même, tel est l’aboutissement suprême de cette pensée, et aussi d’un certain nombre des pensées de cette époque, en dépit de la marée montante du positivisme. 

Du positivisme à l’ « inconnaissable » puis à Dieu, c’est effectivement l’itinéraire de Bourget qui est annoncé presque vingt ans avant la véritable conversion. 

L’article de Maurras perce à jour, plus qu’on ne l’imagine au premier abord, l’homme que fut Bourget. Pudique, avare en confidences personnelles, le romancier a livré à son seul journal, dont il refuse la publication après sa mort, les évolutions intérieures qui l’ont mené, dans les années 1900-1901, à rejoindre l’Église. Pour beaucoup, à travers ses articles et ses romans (comme L’Étape, qui paraît en 1902), Bourget est le représentant d’un conservatisme politique et moral dont la religion n’est qu’une conséquence. Le journal intime révèle un autre Bourget, plus sentimental, plus mystique, et permet d’écarter tout soupçon de ralliement idéologique. 

La perte de la foi

Si Bourget est né à Amiens, il passe son enfance à Clermont-Ferrand où son père est nommé à la toute nouvelle Faculté des Sciences. Sa mère puis, après la mort de celle-ci, sa belle-mère s’assurent de son éducation religieuse. De 1860 à 1867, il subit l’influence de l’aumônier du lycée impérial, l’abbé Habert, et connaît même, selon ses propres dires, une crise de « mysticisme extraordinaire », comme Robert Greslou, le héros du Disciple. [...]

 

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1 Charles Maurras, « M. Paul Bourget dans son jardin », La Gazette de France, 20 mai 1900 ; repris dans Triptyque de Paul Bourget, Paris, Librairie de la Revue Française / Alexis Redier, 1931, p. 47-59.

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