Mourir

N° 2 Novembre - Décembre 1975 - Page n° 22

Paul TOINET Résurrection et immortalité de l'âme

Il est nécessaire de "laisser parler et l'âme humaine et le Dieu qui res­suscite les morts"

La première page, 22, est jointe.

 

LA mort mène grand bruit en notre monde. Non seulement parce qu'on finit toujours par avouer qu'elle saisit chaque vivant — ce n'est pas nouveau; ni parce qu'on y tue activement, malgré toutes les célébra­tions de la vie — ce n'est nouveau que relativement, par l'importance et la sophistication des moyens de détruire; mais encore parce qu'on bavarde plus que jamais, souvent de façon obsessionnelle, sur la mort : peut-être par besoin morbide d'en oublier le sérieux, et le silence méditatif qui devrait l'entourer. Par là, on tend à taire, presque systématiquement, ce qui conteste le pouvoir apparemment souverain de la mort : résurrection et immortalité.

C'est à ce sujet que la consigne du silence est le mieux respectée. Par nécessité là où le matérialisme scientifique sévit comme dogme d'état, mais aussi en d'autres pays où règnent d'autres interdits tacites. L'empirisme scientifique au pouvoir dans l'opinion y a décrété intéressantes les seules questions inscrites à son programme. Surtout, pas d'incursion dans la métaphysique ! C'est prouvé : seuls rêveurs et attardés s'y aventurent. Là aussi, la consigne est bien observée. Quant à la résurrection, elle n'est guère prise au sérieux plus que par les Aréopagites du temps de saint Paul (Actes 17, 23-24).

Le malheur est que cette gêne sur l'immortalité de l'âme habite certains chrétiens qui disent par ailleurs croire en la résurrection. Selon eux, une foi purement biblique exclut l'idée « païenne » de l'immortalité au profit de la résurrection des corps, ou plutôt de l'homme. La mort humaine est donc intégrale, absolue. L'idée d'une mort n'affectant que le corps et lais­sant subsister l'âme représenterait une hérésie anthropologique et reli­gieuse, un dualisme non-biblique. Il faut en tous cas en finir avec l'attri­bution au Christianisme originel de l'idée d'immortalité de l'âme, qui serait non-biblique, et même anti-biblique, puisqu'elle rendrait vaine la résur­rection en la remplaçant. On demande alors à la « foi seule » quelque lumière sur ce qui peut en l'homme résister à l'empire universel de la mort.

p.22

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