La résurrection dans l’Ancien Testament

Adalbert REBIC
Résurrection de la chair - n°87 Janvier - Février 1990 - Page n° 14

Trouve-t-on la foi en la résurrection des morts dans l'Ancien Testament ? Absente des livres les plus anciens, elles apparaît progressivement comme le fruit de la méditation sur l'histoire du peuple et la persécution des justes. A l'époque du Christ, seule une minorité refuse encore d'y croire.

L’Ancien Testament ne témoigne pas explicitement de la foi en la résurrection. Il n'en est pas question dans le Pentateuque; chez les prophètes elle n'apparaît que rarement et, dans ce cas, plutôt comme guérison physique ou renouveau national (l Rois 17, 17 24 ; 2 Rois 4, 31 37 ; 13, 21 ; Osée 6,1 3; Isaïe 53,10 12; Ezéchiel 31,1 14). Seule la communauté de Jérusalem, sous l'influence hellénistique, rassemblera en une profession de foi, dans les livres les plus récents de l'Ancien Testament, la croyance en la résurrection. A cette époque (IIe siècle avant Jésus Christ), cette croyance prend même une grande importance (cf. Daniel 12, 1 s. ; 2 Maccabées 7, 1 s. ; Isaïe 26, 19). La sagesse hellénistique et la littérature apocalyptique ont largement contribué à la formulation définitive de cette foi qui, dans le Nouveau Testament, apparaît si profondément enracinée. A l'époque de Jésus, quelques Juifs la mettaient encore en doute, comme nous le montre une discussion entre les Pharisiens et les Sadducéens (cf. Marc 12, 18 27) : ces derniers la rejetaient catégoriquement tandis que les premiers la défendaient de tout leur cœur. La foi vétéro testamentaire en la résurrection des morts est d'abord et avant tout le fruit d'une histoire vécue par le peuple de Dieu, particulièrement dans les derniers siècles de l’Ancien Testament. Là, comme ailleurs, le facteur historique joue un rôle important dans le développement de la révélation biblique : la foi en la résurrection est une réponse aux nombreux événements auxquels les Juifs se sont trouvés confrontés à la fin de l'époque vétéro-testamentaire (en particulier la persécution d'Antiochus IV Epiphane). La tradition biblique a médité ces événements, en s'appuyant sur la foi yahviste, et elle a ainsi progressé vers la pleine assurance d'une résurrection des morts.

 

 

Pendant des siècles, celle ci n'a pas préoccupé les Juifs qui vivaient dans un élan communautaire si fort qu'ils se posaient moins la question de la survie de l'individu que celle de la survie du peuple en tant que tel: un membre du peuple meurt, mais le peuple lui même subsiste. La question de la survie du juste a commencé à se poser lorsque le juste perdait prématurément la vie en raison de sa foi en Dieu. La justice de Dieu doit restaurer cette vie brisée avant l'heure (Psaumes 37, 4), 73 ; Job). Dans cette perspective, la foi en la résurrection répondait à une question théologique et existentielle qui avait depuis toujours préoccupé les Juifs pieux.[...]

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