Foi et Féerie

N° 200 Novembre - Décembre 2008*

La saga de Harry Potter, les Chroniques de Narnia, Le Seigneur des Anneaux relèvent de ce que Louis Bouyer appelait "littérature féerique". Cette poésie de notre temps est loin d’être une littérature d’évasion ou d’illusion, elle introduit au contraire à un domaine qu’il est vital à l’âme humaine d’explorer, si elle doit comprendre le réalisme de l’espérance. En ce sens, le succès de la féerie ne devrait pas inquiéter les chrétiens, mais les réjouir, s’ils en reconnaissent la portée spirituelle et le rôle qu’elle peut jouer dans la "préparation à l’Évangile".

Sur le même thème le site de Communio Allemagne propose une revue dont l’éditorial est : Fantasy – Gefahr oder Chance für den Glauben ?

Page Titre Auteur(s)
7 Editorial Irène FERNANDEZ
19 Itinerarium ad Deum. Voyage à Nùmenor avec les Inklings Michaël DEVAUX
37 Harry Potter : quand la magie libère le discours Isabelle LEDOUX-RAK
55 Note d’information sur les jeux de rôle Philippe PERRIER
67 Du bon usage de la littérature fantastique Suzanne BRAY
81 Se passer du mythe et de la démythologisation Olivier RIAUDEL
99 Parle-t-on de Harry Potter dans la Bible? Les mages dans le Nouveau Testament Bart KOET
109 L’Européen le plus moderne Jean-Robert ARMOGATHE

Éditorial : Irène Fernandez

Thème: Foi et féérie

Michaël Devaux: Itinerarium ad Deum. Voyage à Númenor avec les Inklings

L’imagination ne consiste pas toujours à échapper à la réalité ; elle peut au contraire y reconduire, et plus profondément qu’on ne croit. On en a un exemple majeur dans la littérature féerique aimée des Inklings, ce groupe d’amis qui se réunissaient autour de C. S. Lewis et de J. R. R. Tolkien, et qui peut aller jusqu’à jouer pour ses lecteurs le rôle d’une « préparation à l’Évangile ».

Isabelle Rak : Harry Potter : quand la magie libère le discours

La dimension fantastique de Harry Potter permet d’exprimer des réalités ouvent mal reçues dans le monde présent, tels le prix du sacrifice, le rôle de la souffrance, l’horreur de la mort, voire l’allusion à Satan et à la damnation.
Il n’est pas douteux que certaines formes de fantasy permettent de suppléer à ce qui est absent de nos catéchismes et constituent une forme originale de pédagogie chrétienne.

Philippe Perrier : Note d’information sur les jeux de rôle

Le jeu de rôle est un jeu de société qui tire son origine des contes au coin du feu, quand le conteur invite les auditeurs à participer au conte en imaginant les actions des personnages. C’est ainsi que l’histoire se construit grâce aux participants. Si le JDR peut susciter des réserves, c’est lorsque le fantastique dégénère en mascarade qui plonge les joueurs dans un monde de ténèbres en proie à la violence.

Suzanne Bray: Du bon usage de la littérature fantastique

Il y a bien des raisons pour les responsables d’éducation chrétienne de se servir de la littérature fantastique à des fins pédagogiques : la fantasy, en valorisant la lutte spirituelle, permet aux jeunes de mieux saisir la place de la  foi dans la société contemporaine ; et surtout elle rend plus accessible le message chrétien grâce à des images et un vocabulaire qui leur sont familiers et qui en facilitent la transmission.

Olivier Riaudel : Se passer du mythe et de la démythologisation

L’usage théologique de la notion de mythe – dont la définition reste aléatoire – oscille entre deux écueils : stigmatiser ce type de discours ou au contraire le valoriser dans son irréductibilité. C’est un véritable coup de force de classer dans la catégorie du mythe des textes qui soulèvent des questions en rapport avec la théologie.

Bart Koet : Parle-t-on de Harry Potter dans la Bible? Les mages dans le Nouveau Testament

À l’origine des mages, c’est le sens du terme grec magos qui pose question, en raison du rapport entre «magie » et magos qui lui est antérieur. En réalité, le terme vient de l’orient antique, selon Hérodote qui fait des magoi des interprètes des songes, vision positive reprise par l’évangéliste Matthieu et la tradition qui fera des mages trois saints rois, tandis que dans Les Actes, le magos joue le rôle  de magicien, incarné par le personnage ambigu de Simon.

Signet

Jean-Robert Armogathe : L’Européen le plus moderne

La leçon tenue par Benoît XVI au Collège des Bernardins (12 septembre 2008) est un enseignement actuel : à partir de la situation du XIIIe siècle, le Pape a rappelé que la raison humaine se déploie dans la quête de Dieu, en s’appuyant sur la lecture méditée des Écritures.

Éditorial

Irène Fernandez

Ô imagination, qui nous emportes parfois si loin de nous... Une lumière t’anime, qui se forme au ciel... Dante, Purgatoire, XVII, 13 & 17

Hors la théologie et la littérature fantastique, il ne fait guère de doute qu’un des traits principaux de notre univers est la pénurie de sens. Alberto Manguel, La bibliothèque, la nuit

 

En 1981, Communio publiait un article consacré à J. R. R. Tolkien1, et la revue jugeait nécessaire de le faire précéder d’une présentation de l’auteur, au motif que son œuvre était « assez peu connue en France. » On pourrait croire que ce type de préambule serait bien superflu aujourd’hui pour introduire un cahier consacré à une littérature dont Tolkien est un des plus hauts exemples.

Le Seigneur des anneaux, les Chroniques de Narnia, le cycle des aventures de Harry Potter, dont l’audience a été encore multipliée par les films qui en ont été tirés, sont parmi les livres les plus lus de notre époque, y compris en France. Mais si ces œuvres ont un public fervent, il n’est pas sûr que le genre littéraire dont elles relèvent soit véritablement compris et apprécié. Il a beau connaître une expansion immense, il n’en demeure pas moins généralement méprisé et marginalisé. C’est pourtant un phénomène littéraire et social que nul ne devrait ignorer, en particulier les chrétiens, à qui sa nature et son succès devraient donner à penser. Ce cahier a l’ambition modeste de fournir quelques éléments à la réflexion.

Il faut commencer par une question de vocabulaire. Si ce cahier porte le titre Foi et Féerie, ce n’est pas par quelque fantaisie ou désir de nouveauté, mais pour marquer un point important. On parle souvent au sujet des œuvres qu’on vient d’évoquer de littérature fantastique, mais il vaudrait bien mieux dire qu’elles appartiennent à la « littérature féerique » [...]

 

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1. John S. MADDUX, («Tolkien : du bon usage des autres mondes», Communio, VI, 5, septembre-octobre 1981.

Jean-Robert Armogathe : L’Européen le plus moderne

La leçon tenue par Benoît XVI au Collège des Bernardins (12 septembre 2008) est un enseignement actuel : à partir de la situation du XIIIe siècle, le Pape a rappelé que la raison humaine se déploie dans la quête de Dieu, en s’appuyant sur la lecture méditée des Écritures.


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