n°63 L'Esprit Saint Janvier - Février 1986*


Problématique

Hans-Urs von Balthasar: Dieu est son propre exégète

Antonio Sicari : L'Esprit du Corps

Les mystiques mieux encore que les théologiens nous font comprendre que le spirituel n'est pas étranger au charnel. Depuis la création jusqu'à la Jérusalem céleste, en passant par l'Écriture, Marie, l'Église et l'Eucharistie, l'Esprit imprègne de plus en plus l'histoire des hommes et fait partager à l'humanité la plus concrète la vie même du Dieu trinitaire.

Claude Dagens : L'Esprit Saint, la Croix du Christ et l'histoire des hommes

Le lieu indépassable du don de l'Esprit Saint aux hommes, c'est la Croix du Christ. A partir du moment où l'on apprend à comprendre la Croix du Christ à la manière des apôtres, dans la lumière de l'Esprit, il devient possible de comprendre l'histoire entière des hommes d'une façon théologique : sous le signe indépassable de la Croix. Tel est le fondement d'une théologie spirituelle de l'histoire.

Ysabel de Andia : Saint, Seigneur et Donateur de vie

Face à de nouvelles hérésies, le Concile de Constantinople a développé et précisé en 381 pour l'Esprit Saint ce que celui de Nicée avait proclamé en 325 au sujet de la seconde personne de la Trinité : l'Esprit est Dieu, « Saint, Seigneur et donateur de vie ». Le Symbole de Constantinople couronne ainsi la réflexion d'Athanase, de Basile et d'Irénée de Lyon.

Léo Scheffczyk : Le sens du Filioque

Les formules par lesquelles «grecs» et «latins» expriment la procession de l'Esprit Saint mettent à l'origine de celui-ci soit le Père, soit le Père et le Fils (Filioque). Ces deux formules, qui ont longtemps été considérées comme s'excluant, s'expliquent à partir de deux traditions théologiques qui tentent de saisir le même fait : le principe de la vie trinitaire est le Père en tant que Père, c'est-à-dire comme inséparable du Fils. Même si la querelle est ainsi relativisée, la dimension du mystère qu'elle a permis d'approfondir doit être maintenue.

Intégration

Claude Bruaire : L'être de l'esprit et l'Esprit Saint

L'Esprit, terme trop chargé de mystère pour que la modernité pût ne pas le refuser comme dérisoire, est au fondement de la vie par la plénitude du don qu'il manifeste ; l'esprit — notre esprit — ne se laisse penser que si nous nous laissons habiter par l'Esprit ; et nous devons alors donner à la question de l'Être la réponse plénière de la gratuité de l'Esprit.

Attestations

Jean Darrouzes : Jean Beccos, le conciliateur

Un des points de désaccord entre l'Église d'Orient et l'Église d'Occident est  de savoir si l'Esprit procède du Père seul ou du Père et du Fils. La cause de l'Union des Églises eut ses martyrs, comme le patriarche de Constantinople Jean Beccos au XIIIe siècle. Pour lui le schisme n'est pas dû à une divergence sur le fond mais à une chicane de mots et à un malentendu historique. Défenseur de la paix entre les Églises, Beccos fut rejeté par les deux : sa position est cependant une des seules voies de compréhension entre Latins et Grecs.

Françoise Vinel : L'Esprit et la liturgie

C'est l'Esprit Saint qui, dans la liturgie, inspire nos paroles ; il en est donc l'origine. C'est lui aussi qui, nous faisant pénétrer par elle au sein même de  la vie trinitaire, nous permet de saisir son véritable sens. Il est Celui qui, dans un double mouvement, transforme le pain et le vin, et permet le  rassemblement de l'Église, unique corps du Christ, dans son offrande au Père.

Marguerite Léna : Le principe de la vie apostolique

Une communauté apostolique est, dans l'Église, un don de l'Esprit Saint qui rassemble et consacre ses membres au service d'une mission déterminée.  Au principe de sa naissance, au coeur de sa fidélité, au plus fort de son combat, une communauté apostolique s'éprouve "liée par l'Esprit" et, par 1à-même, inlassablement "appelée à la liberté".

Albert-Marie de Monleon : Renouveau dans l'Esprit Saint, renouveau de la vie théologale

Un reproche fréquent fait au Renouveau dit «charismatique» est de donner une place trop exclusive à l'extraordinaire. En réalité, le Renouveau se  définit essentiellement comme une entrée dans la vie théologale : joie de la foi en la toute-puissance de Dieu par la croix, espérance dans la victoire de l'amour plus fort que la mort, charité qui est participation à la miséricorde du Père ; toutes choses qui ne sont que le développement de la grâce baptismale.

Signets

Nicole Echivard : Le rôle de la femme dans l'Église

Le véritable pouvoir dans l'Église est la sainteté. Les ministères ordonnés ne sont que des moyens donnés aux baptisés pour y parvenir. La femme n'a pas à se laisser ravaler au rang de moyen, alors que son rôle est d'être l'image de la fin dernière de l'Eglise, telle qu'elle est déjà donnée dans Marie.

Pierre van Breemen : «Je t'ai appelé par ton nom »  (bonnes feuilles)

Dieu est son propre exégète

Hans Urs von Balthasar

1. Le Fils interprète du Père

De l'homme l'Écriture dit qu'il n'a jamais vu Dieu, que Dieu habite dans une lumière inaccessible, qu'aucun esprit créé ne peut pénétrer dans son intérieur ; comment donc l'homme qui est créé pour Dieu et le cherche sans cesse, pourrait-il l'interpréter ? Dieu seul, qui voit sa propre sagesse, peut aussi la révéler. C'est ce que dit littéralement le livre de Job 28, 27 (LXX). C'est ce que répète dans un contexte plus profond, parce que trinitaire, le verset final du prologue de Jean : « Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître» (autos exegèsato, 1, 18). Ce que le mot exegèsato signifie exactement, I. de la Potterie l'a éclairé dans une longue étude1. Il est à remarquer que, dans les temples grecs, il y avait des interprètes des oracles divins, qui portaient le nom d'« exégètes »2. Mais il paraît invraisemblable que l'évangéliste ait puisé à cette source, ne serait-ce que parce que Jésus n'interprète pas un oracle divin, mais est lui-même la révélation que Jean désigne aussi simplement comme la « vérité ». On devra donc expliquer le sens du mot à partir de la Bible grecque de l'Ancien Testament où (à côté du simple « raconter », « annoncer ») il possède la signification de « révéler », « dévoiler ». [...] 

 

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1 «La Vérité dans saint Jean 1-11» (Analecta biblica 73-74, Rome 1977), p. 213-229.11 déplore dans la note 283 que de précédents auteurs n'aient pas étudié assez exactement le sens du mot.

2 Ibid. p. 217, avec de nombreuses références. Ils étaient choisis ou bien par l'Apollon de Delphes, pour donner des renseignements sur les oracles, les purifications, les temps justes, etc., ou bien par le peuple, pour donner un éclaircissement sur les coutumes traditionnelles.

Nicole Echivard : Le rôle de la femme dans l'Église

Le véritable pouvoir dans l'Église est la sainteté. Les ministères ordonnés ne sont que des moyens donnés aux baptisés pour y parvenir. La femme n'a pas à se laisser ravaler au rang de moyen, alors que son rôle est d'être l'image de la fin dernière de l'Eglise, telle qu'elle est déjà donnée dans Marie.

Pierre van Breemen : «Je t'ai appelé par ton nom »  (bonnes feuilles)


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