L'avenir du monde

N° 61 Septembre - Décembre 1985 - Page n° 193

M. Rémi BRAGUE Ce Numéro

Rémi BRAGUE

Exposé de la Communion entre les éditions internationales de COMMUNIO.

 

EN septembre 1975 paraissait le premier numéro de l'édition en langue française de Communio. Le présent cahier, dix ans après, invite, non pas à célébrer cet anniversaire, mais à réflé­chir sur ce qu'il implique, et sur les raisons de continuer le travail entrepris.

 

Ce travail n'a pas commencé avec nous : les premières éditions de Communio à paraître ont été, en 1972, les éditions en langue alle­mande et italienne, suivies ensuite de l'édition nord-américaine ainsi que de la partie « Communio » de la revue croate Svesci. Après nous vinrent les éditions néerlandaise, espagnole, polonaise, brésilienne, hispano-américaine et portugaise. Il n'est pas exclu que d'autres vien­nent encore nous rejoindre.

Sans ces autres éditions, notre travail perdrait son sens. Rappelons ce qui nous lie à elles : Communio constitue bien plus une fédération de revues qu'une revue unique comportant plusieurs éditions. Aucun organe central ne vient coiffer les revues qui correspondent à une aire linguistique ou culturelle. Chacune de ces revues envoie tous les ans un ou plusieurs représentants à une réunion internationale, tenue tradi­tionnellement lors du week-end de l'Ascension, et organisée à tour de rôle par et chez l'une des éditions. Y sont décidés, d'une part, les thèmes qui devront être traités deux ans plus tard, d'autre part, le découpage en articles des thèmes déjà choisis lors de la réunion précé­dente, ainsi que les auteurs à qui il convient de les demander. Une réunion restreinte (début décembre), plus brève, permet de faire le point à mi-parcours.

Les articles obtenus par une édition sont envoyés à toutes les autres. Chacune décide souverainement de leur publication ou non et de la composition de ses cahiers, dans lesquels entre une part souvent majo­ritaire de textes qui lui sont propres — d'où le fait que chaque revue, sur le même thème, n'est jamais identique à une autre. Par ailleurs, chaque revue est libre de traiter les thèmes choisis au niveau interna­tional, ou de composer un numéro qui lui sera propre.

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C'est le cas de ce numéro, et c'est ce qui explique la faible propor­tion d'articles traduits. Il renvoie cependant, de par son épigraphe, au théologien qui joua et continue de jouer le rôle d'une source commune d'inspiration, le P. Hans Urs von Balthasar, auquel ce numéro se trouve ainsi dédié à l'occasion de son 80e anniversaire.

Le titre auquel nous nous sommes arrêtés exprime le refus de se pencher sur un passé dont la considération ne nous invite à aucune complaisance, tant les défauts de la revue sont encore plus visibles à ceux qui la composent qu'à ceux qui la lisent. Et l'avenir vers lequel nous nous tournons n'est nullement celui de la revue. Il n'est même pas celui de la foi, de la religion, de l'Eglise, etc. Car, là où l'Église est l'Église, elle ne s'intéresse pas à son propre avenir, pas plus que, d'une façon générale, elle ne s'intéresse à elle-même. Ce à quoi elle s'inté­resse, c'est ce à quoi Dieu lui-même est intéressé : la réussite de son plan de salut sur le monde.

Quant au présent de la revue, qu'il nous faut gérer, il dépend entiè­rement de la fidélité de nos lecteurs. Revue sans éditeur, sans fonda­tion, sans publicité, sans subvention, Communio ne vit que de la générosité de ceux qui la lisent et du bénévolat de ceux qui la font — ceux qui signent, mais aussi ceux qui participent à son élaboration par des travaux plus ou moins ingrats que les lecteurs ne voient jamais. Plus invisibles encore, ceux — contemplatifs, simples fidèles — dont la prière et le sacrifice nous soutiennent et que nous tenons ici à remercier.

Pour faire le point, pour accorder le présent de la revue et l'avenir du monde, il nous fallait donner à ce cahier plus d'ampleur qu'à l'accoutumée. C'est ce qui explique, d'une part, les dimensions qui en font un numéro double, qui remplace les numéros 5 (septembre) et 6 (novembre) de notre Xe année. C'est aussi ce qui justifie la présence, peut-être plus accentuée que dans les cahiers ordinaires, d'une diversité de styles telle qu'elle nous a contraints à renoncer à la division tripar­tite qui nous est familière : articles philosophiques, théologiques, his­toriques, y côtoient témoignages et articles d'humeur, dont la verve polémique se replace dans la tradition chrétienne la plus ancienne.

Un missionnaire doit apprendre la langue de ceux qu'il doit évangé­liser. De même, Communio voudrait parler toutes les langues, et s'y exerce : pas seulement les langues du monde entier, mais aussi, au sein d'une même langue, les vocabulaires techniques. Le dialogue avec la recherche de pointe dans divers domaines est à ce prix, même s'il implique une perte de lisibilité.

La diversité des genres littéraires et des domaines du savoir évoqués doit aider à faire comprendre que Communio n'a pas d'idéologie, pas de « ligne », mais uniquement une foi, et malheur à nous si ce n'est pas celle de l'Eglise.

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