La grande ville

N° 246 Juillet - Aout 2016 - Page n° 67

Mme Gwenaëlle d' ABOVILLE « Comme elles sont belles les villes … » - L’urbanisme avec le pape François

L’urbanisme avec le pape François Le métier d’urbaniste connaît une crise liée à la complexité de ses enjeux, à la fin de certaines utopies et à la difficulté de poser un regard unifié sur la ville. L’exigence morale posée par Laudato si et la figure eschatologique de Jérusalem habitée par un peuple constituent pour l’auteur un moteur plein de sens pour la pratique et les processus de l’urbanisme.

 

Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu’un ! C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur … Psaume 121, Cantique des montées (Traduction liturgique). 


La crise du métier d’urbaniste et la voix forte du pape François

Les civilisations construisent des villes, se donnent à voir et se mesurent à leur magnificence depuis des millénaires. Mais le métier d’urbaniste est récent, débutant avec des réflexions et des expériences presque toutes issues de la rupture historique que fut la révolution industrielle. L’humanité est désormais majoritairement urbaine, les villes croissent et se multiplient, le mouvement s’amplifie à l’échelle planétaire. Le XXe siècle a vu se produire et se généraliser le passage de la campagne à la ville, le XXIe est celui de l’avènement de villes immenses, de villes dont on a l’impression qu’elles attirent sans cesse et qu’elles ne connaîtront jamais de limites. Depuis 150 ans, nous pensons la ville et nous nous efforçons de la bâtir et de la réguler. C’est cet effort qui a progressivement formalisé une pratique sinon une discipline, certainement pas une science ! : l’urbanisme. Bien que l’université forme des urbanistes depuis maintenant plusieurs décennies, c’est encore un petit métier, mal connu, difficile à situer en regard d’autres sphères professionnelles analogues et pouvant se traduire par des réalités nombreuses et en apparence disparates. 

Pourtant si jeune, le métier d’urbaniste est en crise. La légitimité même de sa pratique est interrogée, en France peut‑être plus qu’ailleurs. La planification est morte : nos prévisions se sont révélées fausses et l’essentiel de la production urbaine se fait en dehors de toute intention d’aménager de manière cohérente. Les utopies ont vécu et l’on sait maintenant à quel point on peut se tromper en prétendant construire un monde idéal en dépit du réel. L’argent semble avoir pris le pouvoir puisque la ville est bien souvent d’abord une équation financière et que la puissance publique n’a plus les moyens de peser aussi fortement qu’auparavant. Enfin les urbanistes doutent, parce qu’ils observent, [...] 

 

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