Le temps d’en finir

N° 249 Janvier - Février 2017 - Page n° 27

Mgr. Peter HENRICI Le présent est décisif – Une méditation

Le temps, toute la philosophie l’a dit et répété, se reconduit, en dernière analyse, au présent, donc à l’instant sans durée. Pour que cet instant reste pourtant un exercice du temps, il faut qu’il devienne le théâtre, ou du moins l’occasion d’une décision. En fait, nous n’exerçons donc le temps que dans un acte éthique, selon une attitude pratique. Mais comment une telle éthique de la décision exige-t-elle qu’on l’accomplisse ? Sinon par mon rapport temporel à la décision par excellence, pour le Christ.

 

Tout homme a son propre temps. Il a ses souvenirs, que nul ne peut avoir tel que lui les a. Il a grandi dans un passé et à partir d’un passé qui l’a formé, qui a laissé en lui ses traces spirituelles et corporelles. L’on doit vraiment dire : tout homme est son passé, lequel est inaltérable, non réitérable. Ce passé, de nombreux autres hommes et de multiples événements l’ont formé et modelé : en premier lieu ses parents, ses frères et soeurs, ses professeurs, ses collègues de travail et enfin, d’une manière plus ou moins incisive, tout le tissu de l’histoire de son temps. Tous ceux-là ont et avaient, à leur tour, leur propre passé. Cet enchevêtrement de nombreuses et en fin de compte de toutes les unités temporelles, forme ce que nous appelons « le temps ». Pour rendre celui-ci quelque peu intelligible, les hommes ont inventé une mesure commune du temps, fondée sur des structures temporelles objectives.

I

Pourtant, si objectives et vérifiables ces structures temporelles soient-elles – la course des étoiles, le changement des saisons, la désintégration des atomes – c’est d’abord en étant observées par les hommes qu’elles deviennent formellement le temps. Seul l’homme peut, avec ses capacités intellectuelles, sa mémoire et son souvenir, tenir quelque chose pour du passé, bien qu’il ne soit plus là. Seul l’homme peut « compter » la course des étoiles et en faire un étalon de mesure du temps, comme Aristote l’avait déjà remarqué1. Augustin en conclut, en généralisant, mais à juste titre, qu’il n’y a au sens strict de temps que dans une conscience : « tempora sunt in anima2 », car seule une conscience peut tenir ensemble, dans un présent insaisissable, le passé, qui n’est plus, et l’avenir, qui n’existe pas encore, au point d’en faire le temps, ou plus exactement, le cours du temps. Reste encore à démontrer si nous devons ensuite continuer à suivre Augustin lorsqu’il réduit le temps à diverses intentions de la conscience (le souvenir, l’attente, l’attention). [...]

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1 Aristote, Physique Δ, 11,219b 1-2 ; 220a 24-26.

2 Augustin, Confessions XI, 20.

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