Christianisme et tragédie

N° 271 Septembre - Octobre 2020 - Page n° 37

Jean-Robert ARMOGATHE L’Euripide chrétien

Un poème dramatique byzantin, la Passion du Christ, contient de nombreux emprunts au théâtre d’Euripide. L’article étudie le passage du tragique tel qu’il apparaît dans plusieurs pièces d’Euripide au tragique chrétien de la Passion du Christ.

La Passion du Christ est un poème dramatique écrit en grec dont la date et l’auteur font l’objet de doctes débats : certains, comme le dernier éditeur français, y voient l’oeuvre de Grégoire de Nazianze, un Père de l’Église, tandis que d’autres l’attribuent à un auteur byzantin : la date varie donc du IVe au XIIe siècle … Nous n’entrerons pas ici dans cette discussion. L’essentiel de notre propos concerne la composition de cette pièce de 2 600 vers, dont près de la moitié sont des emprunts à Euripide : il s’agit d’un « centon », un « patch work » de huit drames grecs, adaptés aux besoins du récit évangélique. Car la pièce comprend trois actes : la Passion, la Mort et la déposition, la Résurrection. Le personnage central est la Vierge Marie ; à ses côtés, le « Théologien », qui est l’Apôtre Jean, un choeur de femmes, et quelques personnages secondaires, dont un « Messager » fort utile pour le récit. Dans le présent article, nous avons retenu seulement deux aspects, qui nous ont semblé pertinents avec le thème du numéro : l’adaptation dramatique et la perspective théologique.

1. L’adaptation dramatique

L’auteur chrétien disposait dans le théâtre d’Euripide de deux exemples de mères tragiques, matres dolorosae : Médée la magicienne et Agavè (dans les Bacchantes). Les emprunts, textuels ou remaniés, à Médée et aux Bacchantes, représentent un septième du texte complet, ou un quart du texte « centonique ».

On sait que Médée, qui avait trompé son père et tué son frère pour permettre à Jason et aux Argonautes de s’emparer de la toison du bélier d’or, avait été trahie par Jason, infidèle à sa promesse de l’épouser. S’étant vengée de sa rivale et du père de celle-ci, elle s’en prit aux enfants qu’elle avait eus de Jason en les tuant de ses propres mains (c’est la version de la Médée d’Euripide). [...]

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