De l’aumône à l’assistance

D’un monde féodal et rural où le pauvre était toléré et entretenu, on est passé à partir du XVe siècle à un monde urbain où la figure du pauvre se dégrade dans ’émergence d’une société de profit. Le pauvre devient un rôdeur dangereux qu’il faut absolument intégrer. On passe de l’aumône à l’assistance, les institutions sociales deviennent contraignantes, assistance et police confondant leurs fonctions.

 

Le rôle social de l’Église s’inscrit dans une longue durée historique, et il a varié en fonction des besoins et des structures des sociétés. L’émergence au XIXe siècle, dans l’Europe postrévolutionnaire, de ce qu’on a nommé « la doctrine sociale de l’Église» a consisté à faire la théorie d’une pratique antérieure : cette théorie était rendue possible par la distanciation entre Église et société provoquée par la sécularisation. Cette pratique de l’assistance organisée provient elle-même des ruptures d’équilibre qui se sont produites dans la société occidentale en terme de production, d’échanges et de répartition des richesses entre le XVe et le XVIIIe siècles.

Pauvreté et vie monastique ont été longtemps associées : les grandes abbayes, Saint-Germain des Prés ou Cluny, nourrissaient des milliers de pauvres, comme obligation de la vie monastique autant que comme devoir social. En choisissant la pauvreté, François d’Assise et Claire rejoignent un mouvement qu’ils amplifient et dont ils doivent aussi se différencier. La mendicité religieuse peut se développer à partir du modèle du Christ «pauvre, chaste et obéissant». [...]

 

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