Malaise dans la civilisation

N° 190 Mars - Avril 2007*

Ne faut-il pas revenir à l’intuition première d’une formule qui a connu un si grand succès pour évoquer les bouleversements de la société contemporaine ? N’est-ce pas la civilisation elle-même, parce qu’elle oblige à la vie collective, qui serait génératrice de l’inconfort provoqué par la présence de l’autre ? Ainsi interprété ce malaise serait alors une réalité salutaire : c’est ce que ce cahier s’efforce de mettre en lumière en rappelant les origines de ce concept et en discutant ses implications sociales et politiques.

Page Titre Auteur(s)
5 « Malaise dans la civilisation » Isabelle LEDOUX-RAK
11 De l’inconscient à l’autre. Malaise dans la culture aujourd’hui Jean-François NOËL
33 Malaise dans la civilisation. Réflexions bibliques Philippe LEFEBVRE
49 Mythe, Symbole et Société Frédéric LOUZEAU
71 Inquiétude et angoisse : pour un discernement chrétien Jacques SERVAIS
91 Exégèse spirituelle et histoire Éric de MOULINS-BEAUFORT
113 Pie X, pape intransigeant ou réformateur ? Guy BEDOUELLE

Éditorial : Isabelle Ledoux-Rak

Thème : Malaise dans la civilisation

Jean-François Noël : De l’inconscient à l’autre. Malaise dans la culture aujourd’hui

La lecture ici proposée du Malaise dans la culture met en évidence le rôle privilégié de l’autre, soit de la culture dans cette quête du moi qu’est l’écoute de l’inconscient. Conflit suscité par la rencontre de la culture et de l’homme, le malaise s’accroît aujourd’hui quand, dans ses formes dénaturées, la culture trompe l’homme, imposture d’autant plus aiguë qu’elle veut l’affranchir de ses convictions religieuses.

Philippe Lefebvre : Malaise dans la civilisation. Réflexions bibliques

Rien de plus difficile à déterminer selon la Bible, qu’un malaise dans la civilisation, alors que les interprétations humaines le nourrissent de leurs discours. Les « justes », à la lumière de la Parole de Dieu, dénoncent ce malaise latent et témoignent d’un autre ordre, celui du Royaume.

Frédéric Louzeau : Mythe, Symbole et Société

Confronter l’anthropologie sociale de Gaston Fessard aux travaux de Claude Lévi-Strauss, au mythe libéral du progrès et au mythe de sociétés sorties de la religion, tel qu’il a été exposé par Marcel Gauchet, permet de vérifier la solidité de la double articulation fessardienne : les dialectiques homme/femme et maître/esclave fournissent la structure toujours à l’oeuvre dans des sociétés qui se pensent comme ayant accédé à l’autonomie, mais qui méconnaissent la triade paternité-maternité-fraternité.

Jacques Servais : Inquiétude et angoisse : pour un discernement chrétien

Si l’inquiétude, que la société moderne connaît sous toutes ses formes, semble avoir un aspect positif dans la mesure où elle stimule la recherche d’un équilibre, elle reste fondamentalement négative : conséquence du péché, elle est le signe de la rupture avec Dieu. C’est au contraire l’indifférence, comme disponibilité d’amour, qui caractérise le chrétien et lui permet d’affronter dans la foi l’épreuve de la souffrance et du « vide de son existence ».

Signets

Éric de Moulins-Beaufort : Exégèse spirituelle et histoire

La relation de l’exégèse et de l’histoire connaît depuis Vatican II un renouveau qui articule la lecture du texte sacré sur le dialogue entre la théologie et l’exégèse : exégèse spirituelle, qui, loin d’esquiver les problèmes d’ordre scientifique, reconnaît dans la lettre biblique un texte inspiré. 

Guy Bedouelle : Pie X, pape intransigeant ou réformateur ?

Le pontificat de saint Pie X (1903-1914) coïncide avec une période troublée pour l’Église et la société en Europe : séparation des églises et de l’état en France, diffusion des idées modernistes, prodromes du premier conflit mondial. On relève d’habitude l’intransigeance du Pape en matière doctrinale, sans l’équilibrer de son sens pastoral qui l’amena à promouvoir dans l’Église, alors que le concile de Vatican I n’avait pu lui donner toute son impulsion, une réforme d’une ampleur remarquable.

Éditorial

Isabelle Ledoux-Rak

« Et comme il advint aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il encore aux jours du Fils de l'homme. On mangeait, on buvait, on prenait femme ou mari, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; et vint le déluge, qui les fit tous périr. Pareillement, comme il advint aux jours de Lot : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Lot sortit de Sodome, il tomba du ciel une pluie de feu et de soufre, qui les fît tous périr. » (Luc 17, 26-29).

 

« Malaise dans la civilisation » : cette traduction un peu approximative du célèbre ouvrage de Freud (aujourd’hui rebaptisé Malaise dans la culture) a connu un grand succès bien au-delà du propos initial de son auteur. Cette formule reprise à tort et à travers, à propos de l’affaire Dreyfus comme du cancer, de l’exclusion de l’étranger ou de la mondialisation, ou proposée plus généralement pour évoquer une décadence, réelle ou supposée, de notre « belle civilisation occidentale », mérite-t-elle une telle attention de la part d’une revue telle que Communio N’avons-nous pas proclamé inlassablement que le christianisme ne saurait s’identifier à aucune civilisation particulière, qu’il se soucie modérément de nos problèmes d’héritage historique ou culturel, et qu’il a su traverser les grands bouleversements historiques muni de cette promesse du Christ « je suis avec vous, pour toujours, jusqu’à la fin du monde » ? Sans compter que l’impression de malaise, qu’elle soit ressentie à l’échelle individuelle ou collective, n’est généralement pas conforme à la réalité objective ; il s’agit souvent d’une perception exagérée de problèmes moins généraux et moins 
insurmontables qu’ils n’apparaissent. 

Cependant, le sentiment de malaise actuel, qu’il traduise une situation inédite dans l’histoire de l’humanité ou qu’il exprime un mal d’être qui a toujours existé en prenant pour chaque génération un visage différent, mérite qu’on s’y arrête, ne serait-ce que pour le remettre à sa vraie place, qu’elle soit éminente ou insignifiante. Et [...]

 

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Éric de Moulins-Beaufort : Exégèse spirituelle et histoire

La relation de l’exégèse et de l’histoire connaît depuis Vatican II un renouveau qui articule la lecture du texte sacré sur le dialogue entre la théologie et l’exégèse : exégèse spirituelle, qui, loin d’esquiver les problèmes d’ordre scientifique, reconnaît dans la lettre biblique un texte inspiré. 

Guy Bedouelle : Pie X, pape intransigeant ou réformateur ?

Le pontificat de saint Pie X (1903-1914) coïncide avec une période troublée pour l’Église et la société en Europe : séparation des églises et de l’état en France, diffusion des idées modernistes, prodromes du premier conflit mondial. On relève d’habitude l’intransigeance du Pape en matière doctrinale, sans l’équilibrer de son sens pastoral qui l’amena à promouvoir dans l’Église, alors que le concile de Vatican I n’avait pu lui donner toute son impulsion, une réforme d’une ampleur remarquable.


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