Croire l'Eglise

N° 212 Novembre - Décembre 2010*

Credo ecclesiam : nous confessons l'Église dans le Credo, sans qu'elle devienne pour autant un objet de la foi. Car nous ne pouvons pas la confesser en dehors d'elle-même. « Je crois l’Église, mais je ne crois pas en elle » : elle est véridique, mais elle n'est pas pour autant le siège indépendant et absolu de la vérité; elle est comme un sacrement de salut, mais elle n'est pas pour autant la cause première de notre salut. Nous croyons en Dieu et nous confessons que l’Église est celle de Dieu et qu’elle est pour Dieu sans réserve.

Page Titre Auteur(s)
7 Editorial Éric DE MOULINS-BEAUFORT
14 Petite méditation sur la visibilité de l’Église Claude DAGENS
24 Modèles philosophiques de l’Église à l’époque moderne Peter HENRICI
37 Que signifie : « aimer l’Église » ? Étienne MICHELIN
47 La vision de l’Église chez saint Jean de la Croix Antonio SICARI
54 Croire l’Église Cardinal ANGELO SCOLA
59 L’Église, Peuple de Dieu Benoît-dominique DE LA SOUJEOLE
67 Le Mystère de l’Église dans la théologie de Joseph Ratzinger Henrique DE NORONHA GALVÃO
75 L’ecclésiologie de communion au concile Vatican II Erio CASTELLUCCI
83 L’Église constituée de juifs et de païens — Remarques sur la parution des manuscrits de Peterson sur l’Église Hans-ulrich WEIDEMANN
97 Soixante-dix ans après l’été 1940 : la Seconde Guerre mondiale, conflit de civilisation Yves-Marie HILAIRE
104 Avec Bernadette, faire le signe de la croix Jacques PERRIER
110 Suscipe — Histoire et sens spirituel d’une parole psalmique (Psaume 119, 116) Olegario GONZALEZ DE CARDEDAL

Éditorial: Éric de Moulins-Beaufort

Quels regards?

Claude Dagens : Petite méditation sur la visibilité de l’Église

L’Église est présente dans le monde non pas pour se montrer, mais pour manifester la lumière du Christ. Sa visibilité ne se mesure pas selon des critères humains d’intensité. Elle est inséparable de la révélation pascale. Nous sommes appelés à voir l’Église avec les yeux de la foi, comme les pèlerins d’Emmaüs ont reconnu le Christ ressuscité.

Peter Henrici : Modèles philosophiques de l’Église à l’époque moderne

L’Église comprise en dehors de la Révélation apparaît comme une entité sociale et politique. Ainsi l’ont pensée Hobbes, Locke, Kant et Hegel. Ces ecclésiologies imprégnées par le protestantisme présentent aux yeux du théologien catholique une caricature de sa propre ecclésiologie fondée sur la Révélation. Ces modèles philosophiques de l’Église peuvent aider à mieux comprendre différentes représentations que se font de l’Église bon nombre de nos contemporains. 

Étienne Michelin : Que signifie : « aimer l’Église » ?

Comment peut-on aimer l’Église au regard de tous ses défauts et ses manques ? En réfl échissant à la manière dont le Christ l’aime et en prenant conscience que son rôle consiste avant tout à demander à Celui qui en est la tête la grâce d’être menée, dans toutes ses tribulations, vers l’Amour pleinement réalisé dans son union avec le Christ.

Antonio Sicari : La vision de l’Église chez saint Jean de la Croix

Une critique fréquente reproche à saint Jean de la Croix sa mystique individualiste qui se réduirait à l’échange personnel exclusif entre l’âme et le Christ. Une étude des Romances montre que l’Épouse, c’est l’humanité entière assumée par le Verbe. L’Épouse dont il s’agira ensuite dans les grandes oeuvres est l’âme ecclésiale dans laquelle l’Église se trouve personnifi ée au fur et à mesure de son cheminement historique.

Appartenir à l’Église

Cardinal Angelo Scola : Croire l’Église

« Je crois l’Église mais je ne crois pas en elle » : bien qu’incluse dans le credo, elle n’est cependant pas objet de notre foi, parce qu’elle n’est pas Dieu. Mais comme assemblée des chrétiens, elle est le sujet qui peut dire « je crois », communauté même des croyants qu’engendre la puissance de la Parole et du Sacrement et qu’anime l’Esprit du Christ auquel chacun d’entre nous participe.

Benoît-Dominique de la Soujeole : L’Église, Peuple de Dieu

Le thème biblique de l’Église comme Peuple de Dieu permet de voir à la fois la continuité des deux Testaments et la nouveauté apportée par le Christ. Situant le mystère de l’Église dans le déroulement de toute l’histoire du salut, cette veine ecclésiologique nous parvient par deux canaux majeurs : la théologie biblique qui privilégie l’élection, la vocation et l’Alliance et les conditions de prêtre, de prophète et de roi ; la théologie dogmatique qui, observant que le Peuple de Dieu de la première Alliance était une société politique, développe l’analogie sociale pour présenter le Peuple de Dieu né de l’Alliance scellée dans le sang du Christ.

Henrique De Noronha Galvão : Le Mystère de l’Église dans la théologie de Joseph Ratzinger

« Peuple de Dieu ne désigne pas directement l’Église de Jésus Christ mais le Peuple de Dieu dans la première phase de l’histoire du Salut ; seule une transposition christologique ou, pourrait-on dire aussi, une interprétation pneumatologique lui permet de devenir une référence pour l’Église. » Transposition christologique et interprétation pneumatologique convergent pour donner à l’Église un type de réalité qui n’est plus sociologique et politique mais sacramentel. C’est la même compréhension de l’Église que Ratzinger a exposée au fil des années, depuis sa thèse de doctorat jusqu’à son pontificat.

Erio Castellucci : L’ecclésiologie de communion au concile Vatican II

Pour le dernier Concile, l’Église n’est ni une simple société ni même seulement le corps mystique du Christ, mais c’est le fruit de l’oeuvre de la Trinité. C’est pourquoi elle est, par nature, essentiellement et entièrement missionnaire.

Hans-Ulrich Weidemann : L’Église constituée de juifs et de païens - Remarques sur la parution des manuscrits de Peterson sur l’Église

Les travaux de Peterson montrent que le vocabulaire emprunté par l’Église naissante pour se désigner est issu du vocabulaire de la cité grecque, et qu’il exprime le projet judéo-chrétien d’abandonner le judaïsme pour aller vers les païens. Cette thèse fut mainte fois discutée. Mais Weidemann montre combien ce travail souligne la nécessité de lier histoire et dogme pour établir une bonne ecclésiologie.

Signets

Yves-Marie Hilaire : Soixante-dix ans après l’été 1940 : la Seconde Guerre mondiale, conflit de civilisation

Les historiens ont trop souvent sous-estimé la part du refus du nazisme comme idéologie raciste et antichrétienne dans le choix de nombreux Français libres de 1940 et des premiers résistants de l’intérieur. Parmi ceux-là, les catholiques, les protestants et les Juifs sont nettement surreprésentés. Or ces milieux sont mieux informés que d’autres sur le nazisme. La première résistance intérieure, elle, naît autour de deux milieux : une minorité socialiste et des chrétiens antinazis.

Jacques Perrier : Avec Bernadette, faire le signe de la croix

C’est Marie elle-même qui apprit à Bernadette à faire le signe de la croix, se constituant ainsi sa catéchiste. En effet, comme l’a rappelé Benoît XVI à Lourdes : « Plus qu’un simple signe, c’est une initiation aux mystères de la foi que Bernadette reçoit de Marie. Le signe de la croix est, en quelque sorte, la synthèse de notre foi. »

Olegario Gonzàlez de Cardedal : Suscipe - Histoire et sens spirituel d’une parole psalmique (Psaume 119, 116)

Certains mots ont sanctifié beaucoup d’existences chrétiennes. Tel le verset 116 du psaume 119 où le psalmiste demande à Dieu d’être accueilli et soutenu pour vivre en vérité et pour toujours. Il gardera espoir et ne sera pas confondu ni trompé dans sa confi ance. Sont présentés tour à tour les différentes traductions du verset, puis l’histoire de son utilisation dans l’Église, et enfin le sens et la fécondité spirituelle de ce verset qui représente la plus belle et la plus profonde expression de notre existence chrétienne.

Éditorial

Mgr Éric de Moulins-Beaufort

« L’Église, c’est Jésus-Christ répandu et communiqué. » Bossuet, Lettre à une demoiselle de Metz, Juin 1659

 

« Croire l’Église » : cette expression inhabituelle fait ressortir par contraste la façon dont la langue chrétienne utilise le verbe « croire ». Nous disons plus souvent « croire en ». Mais il est un fait que le langage de la foi évite de dire : « croire en l’Église » et, tout autant « croire en l’homme ».

Henri de Lubac l’a abondamment montré à l’aide d’un dossier très complet, ébauché déjà dans sa Méditation sur l’Église et porté à son achèvement dans son livre La Foi chrétienne. Essai sur la structure du symbole des Apôtres : les chrétiens des premiers siècles ont forgé une manière nouvelle de construire le verbe croire. Ils ont conjugué credere avec in suivi de l’accusatif et non plus seulement de l’ablatif.

Ce solécisme était nécessaire pour rendre compte de ce qu’est la foi chrétienne : non pas seulement l’adhésion à quelques vérités, mais l’entrée dans la vie de Dieu ouverte aux hommes par le Christ. Le symbole des Apôtres a été ainsi structuré : trois affirmations introduites par credo in avec, à l’accusatif, successivement, chacune des Personnes trinitaires. Quoi qu’il en soit de quelques cas isolés, l’expression credere in Ecclesiam a été évitée. Lorsqu’elle est employée, c’est par contagion littéraire, sans portée doctrinale. Car l’acte de foi ne peut viser que Dieu, Dieu qui seul donne la vie.

Ce fait massif étant posé, Henri de Lubac nuance en réalité son propos. Ainsi, dans sa Méditation, écrivait-il sans restriction : « Pas plus pour l’Église que pour aucune autre des œuvres de Dieu, il n’est dit que nous croyions en elle. Nous croyons, suivant une formule anciennement attestée, en l’Esprit Saint ou plus exactement [...]

 

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Yves-Marie Hilaire : Soixante-dix ans après l’été 1940 : la Seconde Guerre mondiale, conflit de civilisation

Les historiens ont trop souvent sous-estimé la part du refus du nazisme comme idéologie raciste et antichrétienne dans le choix de nombreux Français libres de 1940 et des premiers résistants de l’intérieur. Parmi ceux-là, les catholiques, les protestants et les Juifs sont nettement surreprésentés. Or ces milieux sont mieux informés que d’autres sur le nazisme. La première résistance intérieure, elle, naît autour de deux milieux : une minorité socialiste et des chrétiens antinazis.

Jacques Perrier : Avec Bernadette, faire le signe de la croix

C’est Marie elle-même qui apprit à Bernadette à faire le signe de la croix, se constituant ainsi sa catéchiste. En effet, comme l’a rappelé Benoît XVI à Lourdes : « Plus qu’un simple signe, c’est une initiation aux mystères de la foi que Bernadette reçoit de Marie. Le signe de la croix est, en quelque sorte, la synthèse de notre foi. »

Olegario Gonzàlez de Cardedal : Suscipe - Histoire et sens spirituel d’une parole psalmique (Psaume 119, 116)

Certains mots ont sanctifié beaucoup d’existences chrétiennes. Tel le verset 116 du psaume 119 où le psalmiste demande à Dieu d’être accueilli et soutenu pour vivre en vérité et pour toujours. Il gardera espoir et ne sera pas confondu ni trompé dans sa confi ance. Sont présentés tour à tour les différentes traductions du verset, puis l’histoire de son utilisation dans l’Église, et enfin le sens et la fécondité spirituelle de ce verset qui représente la plus belle et la plus profonde expression de notre existence chrétienne.


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