Mourir

N° 223 Septembre - Octobre 2012 - Page n° 5

M. Nicolas AUMONIER Mourir, un temps unique à vivre

Mourir est un temps unique à vivre (et non à escamoter, voire supprimer avant l’heure) avec le Christ. En mourant, le Christ nous montre le chemin de l’obéissance totale qu’il pratique constamment dans la vie trinitaire. Mourir avec le Christ nous ouvre de manière décisive l’accès à la vie trinitaire.


Dans les pages qui vont suivre, il ne sera pas question de la mort, dont nous ne savons presque rien, mais de ces derniers instants de vie, qui durent plus ou moins longtemps pour chacun d’entre nous, et dont l’épaisseur de temps constitue ce que nous appelons mourir. Même dans le cas d’une mort subite, mourir  prend toujours un peu de temps. Ce constat banal est au point de départ de ce cahier. Il convient d’en tirer tout ce qu’il implique – et, auparavant, de lever quelques ambiguïtés.

 1. Mourir, un temps unique

Le temps du mourir ne se laisse pas si aisément délimiter du vivant même de la personne qui y entre. Ceux qui meurent sentent souvent leur fin proche, en préviennent parfois leur entourage, qui peut ne pas entendre, tant il est difficile et contre nature pour un vivant de prendre au sérieux ou, simplement, d’entendre d’un être aimé l’annonce de sa mort prochaine. Inversement, ceux qui croient mourir peuvent aussi recouvrer quelques forces et se tromper en croyant mourir. Les mêmes erreurs de perception peuvent affecter les proches, et parfois les médecins eux-mêmes. C’est pourquoi il est plus facile, une fois la mort advenue, de ressaisir le moment où une personne a commencé de mourir.

Élargissant alors la perspective du côté de la vie morale, certains croient pouvoir dire que nous n’avons cessé toute notre vie d’expérimenter des petites morts de nous-mêmes, à mesure que nos forces déclinent et qu’il nous faut renoncer à l’image plus vigoureuse que nous pouvions avoir de nous-mêmes, au point que vivre, ou partir en voyage), ou philosopher nous apprendrait à mourir. Que toute éducation cherche à former la volonté et qu’une suite de petits ou grands renoncements librement acceptés puisse nous mettre sur la voie du renoncement total ne signifie pas pour autant que la mort puisse jamais être apprivoisée. Cette voie pourrait nous incliner à renoncer trop vite à la vie, à l’anesthésier, comme Nietzsche le reprochait aux Stoïciens, et nous faire perdre de vue la différence radicale qui sépare des renoncements partiels d’un renoncement total. [...]

 

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