Mourir

N° 223 Septembre - Octobre 2012 - Page n° 46

Mme. Ivica RAGUŽ Vivre la mort comme un don

La tradition religieuse, comme la pensée philosophique, tient que c’est le fait de vivre – ou ne pas vivre – la réalité de la mort qui confère son sens véritable à l’existence. Comment le chrétien est-il appelé à vivre son rapport avec la mort, et selon quelles modalités ? Les sacrements du baptême et de l’Eucharistie en constituent les lieux privilégiés.

 

Nous n’avons, dit-on, en cette vie qu’une certitude : la mort. Nous devons tous mourir, nul n’échappe à cette « sentence ». La mort est un risque inhérent à l’existence humaine. Elle constitue pour l’homme la question fondamentale. Face à elle, l’homme peut adopter différentes attitudes. Il peut occulter le fait qu’il doit mourir, tout faire pour l’oublier, pour réduire au silence son souvenir inquiétant : une manière d’échapper au problème. Mais il y a une autre approche de la mort, celle que toutes les religions du passé ont affrontée, méditant sur la mort, obligeant l’homme à se confronter à sa propre mortalité, à son sort après la mort. L’homme religieux est celui qui écoute la mort, qui se prépare à la mort, qui renonce au mal et décide de vivre selon la volonté de Dieu. La philosophie elle aussi, dès l’antiquité, prend le problème au sérieux : le vivre philosophiquement se présente comme expérience de la mort. « Le vulgaire ne se doute pas qu’en s’occupant de philosophie comme il convient, on ne fait pas autre chose que de rechercher la mort et l’état qui la suit1. » Le véritable philosophe vit dès à présent sa mort ; il ne la fuit pas, parce que « c’est une chose identique que de vivre bien et de bien mourir », dit Épicure2. La mort est quelque chose de positif, parce que le philosophe, grâce à elle, découvre le sens véritable, authentique, de son existence (comme le diront aussi Montaigne et Heidegger, par exemple), et se confronte avec [...]
 

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1. PLATON, Phédon, 64a.

2. ÉPICURE, Lettre à Ménécée, 126.

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