M. le chanoine Olivier ARTUS
La propriété
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n°306
Juillet - Aout
2026 - Page n° 17
La question de la propriété dans les traditions de la Torah
Les lois économiques et sociales de la Torah, consignées dans les différents « codes 1 » législatifs qui y sont intégrés, énoncent des dispositions très précises concernant le rapport aux biens. Contrairement aux textes néotestamentaires, et particulièrement aux Évangiles qui sont écrits dans la perspective de la venue imminente du Royaume de Dieu, les traditions de la Torah ne sont pas mises en tension par une perspective eschatologique et envisagent donc l’organisation dans la durée de la communauté d’Israël.
Les lois portant sur la shemittah (remise périodique des dettes) et sur la libération périodique des esclaves, en Deutéronome 15, dessinent des limites très claires à la notion de propriété. Quant à la loi jubilaire de Lévitique 25, elle semble, dans ses motivations théologiques, remettre en question la notion même de propriété.
Dans un premier temps, cette contribution aura pour objet de mettre au jour les fondements idéologiques et théologiques, ainsi que le contexte de la rédaction de ces lois. Puis, dans un second temps, l’analyse des récits des origines, en Genèse 1-2 − textes qui introduisent la Torah et l’ensemble de la Bible hébraïque, et revêtent de ce fait une haute autorité − cherchera à déterminer si les lois conjoncturelles de Deutéronome 15 et Lévitique 25 constituent l’expression d’une appréhension plus globale du rapport à la propriété, dont Genèse 1-2, texte dont la portée théologique et anthropologique est plus générale que celle des lois sociales des codes législatifs de la Torah, serait l’expression...
1 L’exégèse de la Bible hébraïque y distingue classiquement trois « codes législatifs », ce terme étant assez peu approprié, car le statut de ces ensembles
littéraires est discuté : lois effectivement mises en oeuvre, ou « textes d’école » exposant une réflexion avant tout théorique. Il s’agit du « Code de l’Alliance » en Exode 20,22-23,19, dont la datation est aujourd’hui discutée, mais dont les éléments les plus anciens remontent au VIIe siècle, du « Code deutéronomique » (Deutéronome 12-26), dont les éléments les plus anciens sont attribués à l’époque josianique, mais dont beaucoup d’éléments sont sans doute exiliques ou immédiatement post-exiliques, enfin de la « Loi de sainteté », (Lévitique 17-26), attribuée à l’époque perse, probablement au Ve siècle.
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