Sur l'image d'art chrétien, aujourd'hui et demain. Convictions, voeux et incertitudes

François BOESPFLUG
L'image aujourd'hui - n°168 Juillet - Aout 2003 - Page n° 15

L'art sacré n'est pas mort. Il manque seulement de reconnaissance et d'une politique de commande. Il faut encore éviter de sacraliser tout art sous prétexte qu'il est contemporain, mais aussi susciter un dialogue entre l'écriture et les artistes. Cela implique que l'on ne confonde pas l'image de l'art sacré avec l'image de vénération, ni avec l'image de prédication.

Y-a(ura)-t-il encore place, au XXIe siècle, dans la vie des communautés chrétiennes, pour un vrai statut, théologiquement pensable, de l’image d’art chrétien, c’est-à-dire pour une vénération, une prédication et un art de l’image (de l’icône) ?

Ainsi s’énonce la triple question que Communio m’a adressée. Elle a éveillé immédiatement mon intérêt de théologien et d’historien des images religieuses. Dans un second temps, toutefois, j’ai été tenté de me récuser en m’abritant derrière une confortable déclaration d’incompétence. Car la proposition, en raison de son ampleur et des risques de la prospective, est périlleuse pour un simple observateur de la création contemporaine et le serait même pour un artiste curieux et bien informé. D’autant plus que je vérifie souvent à quel point demeure lacunaire la documentation concernant l’art religieux de la seconde moitié du XXe siècle, qui recouvre dans une large mesure une terra incognita. Ce champ artistique fût-il beaucoup mieux connu qu’il ne l’est de moi, il ne mettrait d’ailleurs pas à l’abri des aléas inévitables de toute extrapolation. Ai-je vraiment quelque chose à dire, dans ces conditions ? Peut-être – on m’excusera de le croire. Peuvent me tenir lieu de circonstances atténuantes, en l’occurrence, un certain nombre d’enquêtes iconographiques transpériodiques que j’ai menées, quelques travaux aussi sur des artistes contemporains, et surtout une réflexion têtue sur ce que l’on devrait tenir pour la charte fondamentale de tout art chrétien, à savoir le horos (Décret sur les images) du concile Nicée II, trop rarement pris en compte dans la réflexion des théologiens. C’est à partir de là, en tout cas, que je me hasarderai à livrer quelques réflexions faisant écho à la question posée.

Je commencerai par limiter la portée de mon propos de plusieurs côtés à la fois tout en précisant sa visée par un  certain nombre de distinctions indispensables agrémentées de considérations introductives (I). Après quoi, pour entrer plus avant dans le vif du sujet, je m’interrogerai successivement, dans cet ordre, sur l’avenir de l’art sacré (II), sur le thème de la prédication (III), puis sur celui de la vénération des images d’art chrétien (IV). Pour finir, je me demanderai s’il faut voir dans ces trois questions distinctes une seule et même question sous trois formes (V). [...]

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