Face au monde

N° 180 Juillet - Aout 2005*

Éditorial : Nicolas Aumônier : Suivre le Christ plutôt que l’opinion

L’opinion manque souvent la Bonne nouvelle apportée par le Christ. Les appels à la démission adressés à Jean-Paul II souffrant, ou au changement adressés à Benoît XVI méconnaissent la liberté qu’apporte le Christ, seul point de départ de toute connaissance et de toute action vraies dans ce monde.

Thème: Face au monde

Nicolas Aumônier : « Dans le monde » sans être « du monde »: quelques réflexions théologiques au service d’une action chrétienne

Saint Jean distingue dans un ordre d’exigence croissante « être engendré de Dieu », « être né de Dieu », « être de Dieu », « être de la vérité ». La seule manière chrétienne d’être dans le monde est d’être en communion étroite et continue avec le Christ. Ce n’est qu’en partant de cette communion que le chrétien peut témoigner du salut que le Christ donne au monde.

Étienne Michelin : Le « monde » au second Concile du Vatican

Comment l’Église catholique en Concile a-t-elle peu à peu élaboré sa conscience d’elle-même et sa conscience du monde ? Un parcours linéaire de cette élaboration  est éclairant ; il se fonde en particulier sur les principaux discours pontificaux, depuis l’annonce du Concile le 25 janvier 1959 par Jean XXIII, jusqu’à sa clôture par Paul VI le 7 décembre 1965.

Xavier Moralès : Quitter le monde

Trois figures, le moine, la mort, l’autre monde, nous disent tout le prix qu’il faut verser pour « quitter le monde » : donner sa vie, perdre la vie, tout créer à nouveaux frais. Et si aucune de ces trois figures ne fait totalement ce qu’elle dit, c’est parce que « quitter le monde » implique quelque chose de plus subtil que d’y être ou de ne pas y être.

Emmanuel Picavet : Peut-on confier à l’utilitarisme les problèmes de ce monde ?

Souvent invoquée dans le débat public concernant les choix de gestion de ce monde, la conception morale utilitariste, bien loin d’être incontestable, n’est qu’une doctrine philosophique parmi d’autres, fragilisée, et nullement l’horizon indépassable du débat éthique contemporain.

David L. Schindler : L’Eucharistie, la restauration de la Création et la mission des laïcs dans le monde

La vision libérale d’une communauté humaine pensée en-dehors de son environnement relationnel, conçue comme abstraction pure, délivrée de toute  contrainte exigée par la relation à l’autre, porte en germe cette « culture de mort » dénoncée à plusieurs reprises par Jean-Paul II. Les communautés chrétiennes des sociétés occidentales marquées par le libéralisme doivent avoir le courage de proposer à leurs contemporains la vision d’une humanité qui ne peut être pleinement libérée que par l’adhésion à Jésus-Christ.

Jacques Servais : S’engager dans le monde ou se rendre indifférent à toutes les choses ?

Comment surmonter l’opposition entre l’action en faveur des hommes d’une part et l’indifférence d’autre part ? La formule ignacienne des Exercices : «il est nécessaire de nous rendre indifférents à toutes les choses créées » requiert une interprétation équilibrée qui surmonte les antagonismes.

Signets

Émile Perreau-Saussine : Les flottements politiques du catholicisme moderne

Avant l’équilibre du Concile Vatican II et de la Déclaration sur la liberté religieuse, certaines oscillations paradoxales ont frappé le catholicisme français. L’une a pu conduire aussi bien à la compromission avec des idéologies explicitement athées ; l’autre, par angoisse de la déchristianisation, a poussé à une identification de la théologie et de la politique étrangère au christianisme ; la dernière, enfin, sacrifie tantôt la liberté à la vérité, tantôt la vérité à la liberté.

Suivre le Christ plutôt que l'opinion

Nicolas Aumônier

« Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux restent dans le monde, tandis que moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous sommes un. Lorsque j’étais avec eux, je les gardais en ton nom que tu m’as donné ; je les ai protégés et  aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, en sorte que l’Écriture soit accomplie. Maintenant je vais à toi et je dis ces paroles dans le monde pour qu’ils aient en eux ma joie dans sa plénitude. Je leur ai donné ta parole et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde. Et pour eux, je me consacre moimême, afin qu’ils soient eux aussi consacrés par la vérité.» Évangile selon saint Jean, 11-19

Dans les dernières années du pontificat de Jean-Paul II, une même question revenait, inlassablement, posée par ceux dont le métier était de savoir, d’informer, ou de décider : quand donc le Pape se déciderait-il enfin à démissionner ? Le Pape n’était-il pas si affaibli qu’il était devenu incapable de diriger l’Église ? N’était-il pas indécent, scandaleux même, que sa souffrance fût offerte en pâture au monde entier ? Les cardinaux n’avaient-ils pas la responsabilité de se réunir pour voter une sorte d’impeachment si le Pape ne se laissait pas convaincre de lui-même ? À un journaliste qui lui posait la question, le Pape n’avait-il pas simplement répondu : « Le Christ est-il descendu de sa Croix ? » La société du spectacle, les sages de ce monde ou les apparatchiks chrétiens n’en piaffaient pas moins d’impatience. Vinrent les derniers mois, rythmés par la succession de ce qui pouvait apparaître à tout moment comme d’ultimes bulletins de santé : la question de sa démission ne se posait plus, elle était devenue indécente, complètement dépassée. Pris au piège de la nouveauté de tout ce qui peut faire événement, les médias se mirent à accompagner le Pape dans son affaiblissement même. Le témoignage librement donné atteignait l’humanité entière, et venait conforter tous ceux qui vivaient de terribles épreuves physiques et morales, et ce témoignage fut compris peut-être mieux encore de ceux qui ne sont plus, ne se disent pas ou ne sont pas chrétiens. Vinrent les trois derniers jours. Les  journalistes du monde entier étaient présents, les caméras braquées sur les fenêtres des appartements du Pape. Durant les dernières heures, le [...]

 

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Émile Perreau-Saussine : Les flottements politiques du catholicisme moderne

Avant l’équilibre du Concile Vatican II et de la Déclaration sur la liberté religieuse, certaines oscillations paradoxales ont frappé le catholicisme français. L’une a pu conduire aussi bien à la compromission avec des idéologies explicitement athées ; l’autre, par angoisse de la déchristianisation, a poussé à une identification de la théologie et de la politique étrangère au christianisme ; la dernière, enfin, sacrifie tantôt la liberté à la vérité, tantôt la vérité à la liberté.


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