Architecture et Liturgie

N° 234 Juillet - Aout 2014*

Éditorial : Didier Laroque et Jean-Robert Armogathe

Thème : Architecture et Liturgie

Jean-Robert Armogathe : Cláudio Pastro – Pratique et théorie de l’aménagement liturgique

Cláudio Pastro, artiste et architecte brésilien de grande réputation, aux solides connaissances théologiques, a réalisé de nombreux espaces intérieurs d’églises, qui illustrent avec précision et talent les conceptions du Père Louis Bouyer présentées dans son ouvrage Architecture et liturgie

Didier Laroque : Au-dedans de quelques églises récentes et futures 

Un coup d’oeil sur les espaces intérieurs de quelques églises récentes ou à venir montre que s’y opposent des lieux spectaculaires, dans lesquels célébrants et assistance sont séparés, et des lieux, assez conformes à la pensée du Père Louis Bouyer, où la liturgie s’inscrit dans une dynamique de l’espace et l’affermissement matériel d’une communauté.

Jean-Marie Duthilleul : L’église nouvelle de la paroisse Saint-François de Molitor à Paris

L’expérience d’une définition de l’espace intérieur, qui unit l’architecte de l’église Saint-François de Molitor au cardinal Lustiger, montre que l’aménagement liturgique ne saurait consister en une forme fi xe et défi nitive. Sans être susceptible de prendre n’importe quelle apparence, il demeure un riche domaine d’adaptation et d’invention.

Olivier de Cagny : Aménager l’espace liturgique selon le cardinal Lustiger 

En 1995, le cardinal Lustiger a réuni un groupe de séminaristes et de jeunes prêtres pour réfl échir, entre autres sujets, sur l’aménagement liturgique, et pour exprimer des propositions. De ces travaux ressortent une vive attention et une valeur éminente données à l’espace chrétien, distingué comme le lieu du Mystère du Christ et de l’Église.

Cardinal Jean-Marie Lustiger : Le Temple, c’est le Seigneur

Homélie du 27 janvier 1993 (Matthieu 16,13-19), prononcée à l’occasion de la bénédiction de la chapelle Saint-Symphorien, à Saint-Germain des prés.

Serge Landes : « Un fardeau intolérable » ? Quelques remarques : corps du fidèle, dynamique et liturgie

Cette lecture d’Architecture et Liturgie réfléchit sur les circulations et la place assignée au corps du fidèle lors des liturgies communautaires. Elle suggère qu’une plus grande plasticité serait souhaitable. Avant d’être assis, le fidèle est acteur d’une liturgie, appelé à marcher à la rencontre de son Seigneur. C’est pourquoi le Père Bouyer avait rappelé l’usage antique d’une assistance debout.

Signets

Gilles de Beaupte : Georges Rouault, le Léon Bloy de la peinture

La violence des premières peintures de George Rouault provoqua la condamnation, non moins violente, de Léon Bloy. L’auteur réfl échit ici sur le sens profond de cette peinture et montre Rouault à la recherche de l’âme des misérables qu’il peint, dans la conviction que « toute révolte peut s’orienter vers l’Amour ». Dans ce sens, le Miserere apparaît comme le sommet de son art : « coexistence de détresse et de paix ».

Emmanuel Bohler : Le répons Subvenite – L’espérance baptismale devant la mort

L’analyse détaillée du Subvenite, répons chanté avant l’époque carolingienne pour les mourants, puis repris par la suite pour les messes de funérailles, montre, tant par la musique que dans les paroles, un mouvement semblable à celui de la prière eucharistique. Il porte témoignage d’une prière pour le défunt en lien étroit avec ce mystère.

Peter Henrici : Le Concile et les prêtres – Y a-t-il un malentendu ?

Il est dit couramment que les prêtres ont été les « oubliés » du concile Vatican II. Mais, d’une part, le décret les concernant fut publié en même temps que d’autres, intéressants un large public, et d’autre part, le rôle des prêtres est évoqué très souvent dans d’autres décrets ne les concernant pas directement. Il reste donc à lire attentivement les textes avant d’évoquer des lacunes à ce sujet.

Jean-Robert Armogathe : Prédication et Écriture sainte chez Robert Bellarmin 

Déjà fort avancé en âge, saint Robert Bellarmin (1542-1621) rédigea quelques pages de conseils pour les prédicateurs. Ces remarques, toujours d’actualité pour l’exercice contemporain de la prédication, sont ici traduites et remises dans leur contexte historique.

Jacques Servais : La confession de la Casta Meretrix

Lors du grand jubilé, Jean-Paul II a engagé l’Église universelle sur la voie de la pénitence. Cette démarche dévoile quelque peu le mystère de l’Église, à la fois sainte et appelée à se purifi er, composée de pécheurs dont elle assume le poids des fautes. Comment l’Église formée de pécheurs peut-elle être sans taches ?

Éditorial

Didier Laroque et abbé Jean-Robert Armogathe

« La nef est un sanctuaire en puissance, puisqu’elle est consacrée par sa marche vers l’initiation au Mystère, le sanctuaire est une nef en acte, puisqu’il détient le principe de cette initiation : dans ses deux parties, l’Église demeure une et la même. » Maxime le Confesseur, Mystagogie 2, 669A

« Quant aux parements des autels, chapelles, oratoires et semblables choses usitées en nos églises pour la célébration du divin Service, il n’y a rien d’oisif en tout cela, et qui ne redonde à l’honneur et gloire de Dieu ; outre ce que par telles choses externes et sensibles, nos esprits sont élevés à la contemplation des divines, à quoi il n’est non plus possible de les amener et retenir sans cérémonies, que de faire et nourrir du feu ici-bas sans de la matière qui lui soit propre. » Blaise de Vigenère, Traité de la pénitence, Paris, 1587, p. 182.

« L’église chrétienne, comme la synagogue avant elle, devrait être orientée le long d’un axe commun, pour que la célébration incarne le passage d’un foyer à un autre, d’abord l’appel de la Parole de Dieu, puis la montée vers l’autel, et, par-delà l’autel visible, notre voyage qui se poursuit en ce monde jusqu’au monde à venir. » Louis Bouyer, Architecture et liturgie, Paris 1991, p. 83.

 Comment doit se présenter aujourd’hui l’intérieur d’une église ? Au cours des trente dernières années, de nombreux architectes, parmi les plus grands, ont construit des églises1, mais le souci de l’espace intérieur est souvent resté au second plan, une affaire de clercs, où architectes (et fidèles...) restaient à l’écart. Tout se passe comme si les architectes, préoccupés de faire « leur » église, prêtaient toute leur attention à l’édifice – l’aménagement intérieur restant l’affaire des clercs. Si quelques grands artistes furent appelés à créer du « mobilier liturgique », l’« art sacré » s’est cantonné aux meubles et objets, sans trop se soucier vraiment de l’organisation de l’espace. Nous avons pu constater, en préparant ce numéro, une certaine confusion dans les réalisations récentes : aménager une église est un art difficile. Nous ne prétendons pas proposer dans ces pages des solutions, mais nous nous sommes efforcés de poser des questions.

Le mouvement liturgique du vingtième siècle s’inscrit dans la longue durée de la réforme tridentine et de la renaissance d’une approche doctrinale, théologique, de la liturgie2. Trop souvent, trop longtemps parente pauvre des « sciences sacrées », la liturgie est revenue sur le devant de la scène dans les dernières décennies du siècle passé. Les raisons de cet intérêt n’étaient pas toujours les meilleures.

 

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1. Rappelons le cahier de Communio : « L’église dans la ville » (1990) et le livre de Franck DEBIÉ et Pierre VÉROT, Urbanisme et art sacré une aventure du XXe siècle, Paris, Critérion, 1992.

2. Dans l’Histoire générale du christianisme, t. 2, Paris, PUF, 2010, on verra, pour la période moderne, les chapitres de Cl. MEUNIER (sur la liturgie, p. 325-340, avec une bibliographie) et de Mathieu LOURS (sur l’architecture, p. 391-414).

Gilles de Beaupte : Georges Rouault, le Léon Bloy de la peinture

La violence des premières peintures de George Rouault provoqua la condamnation, non moins violente, de Léon Bloy. L’auteur réfl échit ici sur le sens profond de cette peinture et montre Rouault à la recherche de l’âme des misérables qu’il peint, dans la conviction que « toute révolte peut s’orienter vers l’Amour ». Dans ce sens, le Miserere apparaît comme le sommet de son art : « coexistence de détresse et de paix ».

Emmanuel Bohler : Le répons Subvenite – L’espérance baptismale devant la mort

L’analyse détaillée du Subvenite, répons chanté avant l’époque carolingienne pour les mourants, puis repris par la suite pour les messes de funérailles, montre, tant par la musique que dans les paroles, un mouvement semblable à celui de la prière eucharistique. Il porte témoignage d’une prière pour le défunt en lien étroit avec ce mystère.

Peter Henrici : Le Concile et les prêtres – Y a-t-il un malentendu ?

Il est dit couramment que les prêtres ont été les « oubliés » du concile Vatican II. Mais, d’une part, le décret les concernant fut publié en même temps que d’autres, intéressants un large public, et d’autre part, le rôle des prêtres est évoqué très souvent dans d’autres décrets ne les concernant pas directement. Il reste donc à lire attentivement les textes avant d’évoquer des lacunes à ce sujet.

Jean-Robert Armogathe : Prédication et Écriture sainte chez Robert Bellarmin 

Déjà fort avancé en âge, saint Robert Bellarmin (1542-1621) rédigea quelques pages de conseils pour les prédicateurs. Ces remarques, toujours d’actualité pour l’exercice contemporain de la prédication, sont ici traduites et remises dans leur contexte historique.

Jacques Servais : La confession de la Casta Meretrix

Lors du grand jubilé, Jean-Paul II a engagé l’Église universelle sur la voie de la pénitence. Cette démarche dévoile quelque peu le mystère de l’Église, à la fois sainte et appelée à se purifi er, composée de pécheurs dont elle assume le poids des fautes. Comment l’Église formée de pécheurs peut-elle être sans taches ?


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