L'église dans la ville

N° 91 Septembre - Octobre 1990*

Editorial

Olivier Boulnois : Paradoxe dans la ville

L'église-bâtiment est un paradoxe parce qu'elle obéit à d'autres normes que les constructions urbaines. Inhabitable, elle est pourtant habitée par la présence de Dieu. Sans être l'Eglise universelle, elle en est donc le signe. Centrée sur l'eucharistie, elle témoigne de la gloire divine par la recherche de la beauté la plus grande.

Thématique

Jean-Robert Armogathe : Une église qui fonctionne

Une église doit rendre sensibles, de manière distincte et distinctive, les trois fonctions royale, prophétique et sacerdotale : l'église est la maison du Très Haut, le lieu de l'enseignement et de la charité, le sanctuaire du sacrifice.

Vincent Carraud : « Alors ce sont les murs qui font les chrétiens ?»

En quel sens la réponse à cette question peut être positive. 1) Le primat de l'intériorité sur l'extériorité rend l'église antithétique de la ville ; 2) les modèles architecturaux de l'Ecriture sont normatifs d'une liturgie, non directement d'une architecture — c'est au contraire le dynamisme caractéristique du culte chrétien qui libère l'architecture ; 3) l'Occident est passé d'une représentation de l'église comme monde à celle d'une église comme récit : notre temps est-il celui d'une architecture symbolique?

Christophe Carraud : Rêve de pierre

L'architecture a-t-elle les dimensions de l'Incarnation ? L'Eglise vivante se réunit en un lieu de célébration qu'elle construit par la mémoire d'une absence, non par un espace, non en recevant du monde la plénitude de ses dimensions. Le primat esthétique de l'architecture qui lui vient de la communauté de ses formes avec celles de notre propre vie est ruiné par la richesse de l'Incarnation qu'elle ne peut enclore. L'église accomplit l'architecture parce qu'elle l'ouvre au drame de l'Incarnation. Le baroque est le modèle formel qui dénonce tout emprisonnement formel : le modèle de ce qui demeure à construire, forme décisive parce qu'elle refuse de l'être, architecture qui figure l'architecture finale, c'est-à-dire l'Eglise. Pour l'Incarnation, l'architecture est peinture.

Intégration

Franck Debie et Pierre Verot : Les constructions d'églises en France depuis 1925

La construction d'églises depuis 1925 serait un sujet simple si on n'avait pas posé la question de ce qu'était l'Eglise, de ce qu'elle devrait être et des moyens de la rendre telle, et si les poseurs de questions avaient été d'accord entre eux et conscients des conséquences de leurs enteprises. Ils auraient dû en outre rester maîtres du jeu. Savoir ce qu'on veut, que ce qu'on veut soit bon, garder le contrôle de l'action, c'était trop demander. Et l'église comme devant revient très fort...

Attestation

Serge Landes : Deux projets récents. Ambitions nouvelles et ambiguïtés

Faut-il se réjouir sans discernement de ce que l'on appelle un retour du sacré dans l'art? La lecture symbolique de deux projets architecturaux importants mont re la nécessité d'assurer tout d'abord la cohérence théologique d'un projet, faute de quoi les imprécisions troublantes du langage architectural faussent le message spirituel de l'édifice liturgique.

Signets

Hans-Urs von Balthasar : L'alpha et l'oméga.

«Je suis l'alpha et l'oméga ». Cette révélation du Christ sur lui-même est une des expressions les plus répandues, les plus galvaudées, et les moins comprises. En tout cas il ne faut pas oublier le premier terme...

Herwig Arts : Avoir faim et soif de Dieu

L'âme humaine, la personne, veut plus qu'elle ne peut. Fermée sur elle-même elle restera insatisfaite, ou désespérée. Pressentant Dieu, acceptant de LUI le don de croire, aidée par les symboles, mais au-delà d'eux, elle goûtera enfin « la bonté éternelle de Dieu, qui est plus douce que le miel ».

Patrice Giorda : Le désir de la peinture

Sur la dialectique de la Parole et de la peinture, et l'incarnation que cette dernière permet.

Paradoxe dans la ville

Olivier Boulnois

Il y a dans le centre de nos villes des bâtiments étranges, incongrus, dont le principe heurte la logique même de la cité qui les entoure. Une ville est faite de carrefours, de centres de production, de courants commerciaux. L'église, elle, se dresse là, inhabitée, improductive, aérienne et silencieuse — apparemment inutile. Les églises ont peut-être droit de cité, mais il n'est pas sûr que leur droit à exister soit celui-là même qui gouverne la cité. Bâtir des églises est une activité dont nous commençons à pressentir qu'elle ne va pas de soi. Pourquoi construire des bâtiments qui ne sont pas habités et qui ne servent ni à produire, ni à échanger ? A quoi bon des espaces d'une absolue gratuité ? — Car ces bâtiments-là brisent ou réorientent  l'alignement des façades, leur raison d'être contrevient aux apparences, aux idées reçues et aux opinions courantes : ce sont des paradoxes pour la ville.

1. L'église et l'Eglise

Mais ces paradoxes sont aussi des révélateurs de l'essence la plus profonde de l'Eglise. Car de l'Eglise à l'église, il y a bien une continuité, et le passage de la majuscule à la minuscule est insensible : le jeu de mots du Christ qui appelle Simon « Pierre » suppose bien que le modèle premier de la vie de l'Eglise soit celui du fondement. Et nous ne pourrions pas devenir des « pierres vivantes » (I Pierre 2,5) si le modèle de notre unité n'était la demeure du Très-Haut, édifiée à partir de pierres inanimées. Tout le vocabulaire chrétien de l'édification est là pour le rappeler (« pierre angulaire », « bâtir sur du roc », etc.). Une telle ambiguïté nous appelle à reconsidérer les quelques banalités [...]

 

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Hans-Urs von Balthasar : L'alpha et l'oméga.

«Je suis l'alpha et l'oméga ». Cette révélation du Christ sur lui-même est une des expressions les plus répandues, les plus galvaudées, et les moins comprises. En tout cas il ne faut pas oublier le premier terme...

Herwig Arts : Avoir faim et soif de Dieu

L'âme humaine, la personne, veut plus qu'elle ne peut. Fermée sur elle-même elle restera insatisfaite, ou désespérée. Pressentant Dieu, acceptant de LUI le don de croire, aidée par les symboles, mais au-delà d'eux, elle goûtera enfin « la bonté éternelle de Dieu, qui est plus douce que le miel ».

Patrice Giorda : Le désir de la peinture

Sur la dialectique de la Parole et de la peinture, et l'incarnation que cette dernière permet.


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