La force

N° 139 Septembre - Octobre 1998*

La force semble être la moins chrétienne des vertus. Mais conjointe à l’humilité, elle en garantit l’authenticité et nous oblige à regarder le mal en face, à le désigner comme tel et à le combattre jusqu’au bout. C’est pourquoi la force est aussi un des sept dons de l’Esprit Saint, car la faiblesse de la chair s’allie alors avec la puissance divine pour nous donner la pleine liberté des enfants de Dieu.

Page Titre Auteur(s)
13 Une vertu dangereuse Roland HUREAUX
20 Force et faiblesse de la volonté Bernd GOEBEL
46 Volonté et puissance, la critique du christianisme dans la pensée de Nietzsche Olivier BOULNOIS
56 La force, créatrice du droit dans l’histoire selon le Père Gaston Fessard Michel SALES
75 La force, pour résister au mal Général PHILIPPE MORILLON
81 Les JMJ, au-delà du spectacle Élise CORSINI
109 Simone Weil et la rencontre du Christ André A. DEVAUX

Éditorial : Communio: Faiblesse de la chair, force de l’âme et puissance de l’Esprit

La force, apparemment contraire à l’humilité, semble la moins chrétienne des vertus. Pourtant, on ne saurait la confondre ni avec la violence, ni avec la puissance. Fondée sur l’acceptation de notre faiblesse charnelle, la force morale n’est totalement elle-même que si nous la recevons comme un don du Saint-Esprit.

Questions

Roland Hureaux : Une vertu dangereuse

Si la vertu de force est dangereuse, ce n’est pas seulement à cause de la violence qu’elle peut impliquer. La force du chrétien, parce qu’elle est celle de Dieu même, remet en cause les valeurs du monde, mais pour que l’homme, face à la pesanteur des institutions, participe de la liberté même du Christ.

Bernd Goebel : Force et faiblesse de la volonté

La faiblesse humaine se manifeste dans le fait d’être incapable de faire ce que l’on veut. Cette incapacité à être vraiment libre et à faire le bien qu’on se propose montre qu’en fait nous ne le voulons pas totalement. Nous ne pourrons donc retrouver la vraie liberté que par une conversion et un don venu d’en haut.

Lectures

Pierre Dumoulin : La force de la femme dans l’Ancien Testament

Dans la Bible, la force divine se déploie à partir de la faiblesse humaine. C’est pourquoi elle se manifeste par excellence à travers les plus faibles : les femmes. Alors, investies de la puissance divine, par leur courage et leur fidélité, les
femmes sont plus fortes que tous.

Olivier Boulnois : Volonté et puissance, la critique du christianisme dans la pensée de Nietzsche

Sous la morale du désintéressement, Nietzsche débusque les effets de l’amourpropre. Il interprète le christianisme comme un effet de la volonté de puissance, de la vie qui se retourne contre elle-même dans le ressentiment. Plutôt que d’entreprendre une vaine réfutation de Nietzsche, il vaut mieux éviter d’entrer dans la logique de la volonté de puissance. Car l’abandon à la volonté divine n’est pas une faiblesse de la volonté, mais le comble de la force – venue de l’union à une volonté qui nous dépasse.

Michel Sales : La force, créatrice du droit dans l’histoire selon le Père Gaston Fessard

En quel sens peut-on dire que la force est créatrice du droit ? Certes, dans l’histoire, les rapports de force précèdent toujours le droit. Mais il faut corriger cette expression (bismarckienne) en rappelant que l’amour est une force concrète de l’histoire, au service de la personne humaine. Une réflexion en hommage au Père Gaston Fessard.

Témoignage

Général Philippe Morillon : La force, pour résister au mal

Dans quels cas l’usage de la force est-il légitime ? Lorsque la faiblesse ou la lâcheté laisseraient s’imposer un plus grand mal. La réflexion d’un militaire de carrière sur son expérience de la guerre et de l’interposition des Nations unies.

Dossier

Élise Corsini : Les JMJ, au-delà du spectacle

Une série d’entretiens avec les principaux acteurs des JMJ : Architecte, metteur en scène, musicien, couturier, orfèvre, réalisatrice de télévision. Comment ont-ils concilié art et liturgie ? Quelles leçons pouvons-nous en tirer pour la pastorale de l’an 2000 ?

Signet

André A. Devaux : Simone Weil et la rencontre du Christ

Parce qu’elle était passionnément attachée à la vérité, Simone Weil a reconnu dans le Christ la vraie voie du salut. Dès lors, elle cherche à être totalement configurée à lui, en l’accompagnant sur la Croix, « suprême et secrète vérité » de la condition humaine.

Faiblesse de la chair, force de l’âme et puissance de l’Esprit

« Il faut savoir risquer la peur comme on risque la mort, le vrai courage est dans ce risque. » Bernanos, Dialogue des Carmélites

« La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. » Pascal, Pensées

La force semble être la moins chrétienne des vertus. Apparemment contraire à l’humilité, à la douceur et à la compassion requises des chrétiens, elle suppose une bonne dose d’affirmation de soi. Si la force est l’exercice de la puissance, si elle obéit à la même logique, exercer la vertu de force reviendrait-il à s’incliner devant les puissances de ce monde ? Pour débrouiller la question, il faut d’abord éclaircir ce que l’on entend par force, si on
veut éviter de la confondre avec la violence, certainement nonchrétienne, ou le vertige de la puissance, assurément non-vertueux.

1. La force, un courage de tous les instants

Si Communio traite de la force, c’est parce qu’elle appartient à la série des vertus cardinales. Comme chacune d’elles, la force est une vertu commune et fondamentale, qui permet à l’ensemble des actes humains d’être bons. Et réciproquement, nul ne peut être vertueux s’il n’exerce pas d’abord la vertu de force : dans son essence, la force fonde sur la nature humaine la diversité des actes moraux. Chez saint Thomas d’Aquin, déjà, la force (fortitudo) traduit le « courage » (andreia) d’Aristote. Mais au lieu d’être concentrée, comme dans la pensée grecque, sur une vertu éminemment politique et militaire, qui culmine dans le courage devant le risque de mourir au combat, elle reçoit, pour saint Thomas, une extension générale. La [...]

 

Pour lire la suite de cet éditorial, vous pouvez télécharger gratuitement ce numéro, acheter la version papier ou vous abonner pour recevoir tous les numéros!

Élise Corsini : Les JMJ, au-delà du spectacle

Une série d’entretiens avec les principaux acteurs des JMJ : Architecte, metteur en scène, musicien, couturier, orfèvre, réalisatrice de télévision. Comment ont-ils concilié art et liturgie ? Quelles leçons pouvons-nous en tirer pour la pastorale de l’an 2000 ?

Signet

André A. Devaux : Simone Weil et la rencontre du Christ

Parce qu’elle était passionnément attachée à la vérité, Simone Weil a reconnu dans le Christ la vraie voie du salut. Dès lors, elle cherche à être totalement configurée à lui, en l’accompagnant sur la Croix, « suprême et secrète vérité » de la condition humaine.


Revue papier

Prix HT €* TVA % Prix TTC* Stock
11.75 2.10 12.00 Stock: 19

*Hors frais de port s'élevant entre 3 et 5 euros selon le pays d'expedition

Revue numérique

Titre Prix HT € TVA % Prix TTC Action
La force - pdf 7.84 2.10 8.00 Ajouter au panier