Il est assis à la droite du Père

N° 51 Janvier - Février 1984*

Claude Bruaire : « Sedet ad dexteram Patris »

Problématique

Adalbert Rebic : Une image suggestive

« Être assis à la droite » (du Seigneur) avait dans tout l'Orient ancien un sens fort clair : c'était participer à la toute-puissance divine ou royale. Les premiers chrétiens ont tout naturellement repris cette expression, qui se trouve au début du Psaume 110, pour confesser la divinité de Jésus.

Xavier Jacques, s.j. : La gloire du Christ et son partage selon saint Paul

Dans le corpus des lettres authentiques de Paul, si la session à la droite du Père n'est attribuée au Christ qu'une fois, son thème s'orchestre pourtant abondamment par la reconnaissance de la glorification, d'autant que celle-ci
déborde aussitôt du Christ aux croyants qu'il s'est incorporés.

Hans-Urs von Balthasar : Au-dessus de toutes les puissances

Le Christ ne siège pas seulement « à la droite du Père», il siège aussi, et en conséquence, « au-dessus des puissances ». Ces puissances, nous les subissons très quotidiennement, chaque fois qu'une rationalité, anonyme et
trop puissante pour que nous puissions la dominer et même l'identifier, s'exerce sur nous. De cela aussi, la gloire du Christ libère les hommes.

Christoph Schönborn, o.p. : « Dieu veut rester homme à jamais »

L'article du Credo sur la session à la droite du Père, que nous considérerions volontiers comme marginal, était au contraire, dans toute la tradition patristique, au centre de la confession de la foi. Après l'Ascension, le Christ n'a
pas cessé d'être homme, il introduit l'humanité dans la gloire de Dieu.

René Lafontaine, s.j. : Thomas d'Aquin, interprète de la session à la droite

Dans le cadre de son traité des « actes et des passions du Sauveur », saint Thomas synthétise la portée théologique et économique de ce mystère, comme autant de « modes d'accession » éternelle et temporelle du Christ à la droite du Père.

Intégration

André Léonard : « Dieu nous a faits asseoir aux cieux dans le Christ Jésus »

L'homme s'éprouve comme incommensurable à lui-même, lui qui se sait par ailleurs « la mesure de toutes choses ». Il ne trouve donc sa mesure que dans une humanité, mais elle-même « sans mesure» — celle du Christ glorifié à la droite du Père.

Jean Cachia : « Le record du monde pour la hauteur » — Le Christ d'Apollinaire

Le vers de Zone ne trahit pas une faute de goût, mais une appréhension violente de la modernité critique du Christ.

Rémi Brague : Sur le tympan de Vézelay

Non un jugement dernier pour ainsi dire déjà fait, mais une annonce de la gloire terminale du Christ en train de se réaliser et de récapituler le monde.

Walter Kasper : Le temps hors du monde

Depuis la Résurrection, tout mythe se retourne contre la mythologie, puisque l'accomplissement surpasse toute imagination. Comme l'espace, le temps lui-même se laisse reprendre dans l'achèvement trinitaire du Christ.

Jean-Yves Lacoste : Le lieu hors-monde

Avant de s'inquiéter des difficultés provoquées, dans l'énoncé de foi, par la permanence de la catégorie du lieu, il faudrait peut-être inverser la question et demander si le lieu, depuis la Résurrection, ne doit pas s'entendre selon
des déterminations profondément renouvelées.

Miklos Vetö : La hauteur de Dieu

Que nous dit l'article de foi qui évoque les « cieux »? Il n'impose aucune mythologie, mais fixe dans l'imaginaire un certain rapport de l'homme à la gloire de Dieu. Non l'écart horizontal avec le lointain, semblable et inaccessible, mais comme une distance que nous recevons de parcourir jusqu'à nous découvrir élevés dans la gloire de Dieu.

Signets

Henri Agel : Herméneutique du film

Il ne faut pas seulement interpréter le film comme une narration ou un discours. Il faut aller jusqu'à le voir comme une célébration, portée par les symboles les plus puissants. Ce qui, d'ailleurs, le ramène très souvent à une
référence évangélique.

Dom Claude Jean-Nesmy, o.s.b. : Pour une lecture «chrétienne» de la Bible

Parmi les lectures possibles de la Bible, deux au moins peuvent se privilégier. La plus courante relève de l'exégèse critique. Une autre, plus ancienne, semble redevenir aujourd'hui possible, souhaitable et d'ailleurs compatible
avec la première : la lecture des Écritures selon les commentaires qu'elles se sont suscités à travers les deux Testaments, puis dans l'histoire de la sainteté.

Sedet ad dexteram Patris

Claude Bruaire

En confessant notre foi, nous murmurons la formule qui nous semble décrire une vieille image. Nous passons vite, comme il convient lorsque notre respect pour le sacré indéformable nous rend un peu honteux de ne pas bien comprendre les mots obligés du Credo. Image muette autant que majestueuse : elle est vouée à l'art plastique, mais elle instruit bien peu le croyant en quête d'espérance. Espérance qui semble ici vaincue, annulée par la représentation de l'immobilité, de la stérilité d'un repos éternel se figeant dans le marbre pour symboliser un paradis d'ennui. Non seulement notre désir de salut s'éteint devant l'évocation d'une sempiternelle contemplation du Père éternel, identique à lui-même en son être pétrifié, mais encore le Fils, Dieu fait homme, le Christ infiniment proche de nous, engagé en notre aventure pour dynamiter notre divine destinée, prend la figure statufiée d'une divinité assise, rivée à jamais sur un trône de l'Olympe. Et l'Esprit semble une nature morte.

Pour penser la foi, cependant, il existe deux formes d'images, ou deux manières d'en user. L'une procède par imitation, par un regard imaginatif porté sur les choses, et tente de déposer en celles-ci la ferveur du sentiment religieux. Ainsi opère le naturalisme idolâtre. L'autre illustre, schématise un  article de la foi, au risque d'en scléroser la proclamation. Distinguer ces deux sortes d'images est aisé : dans le second cas, où la pensée s'aide de l'imaginaire et s'y lie, une donnée du mystère divin se [...]

 

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Henri Agel : Herméneutique du film

Il ne faut pas seulement interpréter le film comme une narration ou un discours. Il faut aller jusqu'à le voir comme une célébration, portée par les symboles les plus puissants. Ce qui, d'ailleurs, le ramène très souvent à une
référence évangélique.

Dom Claude Jean-Nesmy, o.s.b. : Pour une lecture «chrétienne» de la Bible

Parmi les lectures possibles de la Bible, deux au moins peuvent se privilégier. La plus courante relève de l'exégèse critique. Une autre, plus ancienne, semble redevenir aujourd'hui possible, souhaitable et d'ailleurs compatible
avec la première : la lecture des Écritures selon les commentaires qu'elles se sont suscités à travers les deux Testaments, puis dans l'histoire de la sainteté.


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